Anne de Montmorency







Ce grand seigneur est né en 1493 dans une illustre famille, au service des rois de France depuis le XIIIe siècle. Sa marraine est la reine Anne de Bretagne il en reçoit le prénom. Son père, le baron Guillaume le confie à 10 ans à la maison du jeune François d'Angoulême, à Amboise, dont il partage l'éducation. Devenu roi sous le nom de François 1er, c'est tout naturellement que François d'Angoulême prend Anne de Montmorency à son service. Il est nommé premier gentilhomme de la chambre du roi, et va connaître une carrière éclatante. Il participe à la bataille de Marignan en 1515, à la bataille de La Bicoque près de Milan en 1522, où son courage lui vaut d'être nommé maréchal, il est fait prisonnier à Pavie en 1525. Libéré contre rançon, il aide la régente Louise de Savoie à l'administration du royaume, car François 1er est prisonnier à Madrid. En 1527, il épouse Madeleine de Savoie, ce qui fera de lui un des plus riches propriétaires de France, son épouse lui donnera 12 enfants. Grand Maître de France en 1526, il est responsable de tous les services de la maison du roi, il est nommé Connétable en 1538. Il entre en disgrâce en 1541, car il prône la confiance en Charles Quint, et persuade le roi que l'empereur lui céderait le Milanais. Mais celui-ci en fait don à son fils, l'infant Philippe. Le Connétable ne reparaîtra plus à la cour jusqu'à la mort de François 1er, le 31 mars 1547. L'attachement qu'Henri II, le nouveau souverain lui porte remet Anne de Montmorency au premier plan  Leur entente ne se démentira jamais.  En 1551 le roi élève la baronnie de Montmorency en duché-pairie, la considérant comme la première de France. Mais le clan des Guise reprend de l'influence sous le règne de François II (1559-1560), sans cela, l'emprise du connétable sur la politique du royaume serait entière. Cette loyauté indéfectible, bâtie sur un caractère réputé cassant, a néanmoins souvent montré un net défaut de clairvoyance. Catholique convaincu, défenseur intransigeant de la royauté, Anne de Montmorency l'imagine toujours menacée, notamment par la Réforme, dont manifestement il ne comprend pas l'enjeu. L'accession au trône de Charles IX (1560-1574) voit son retour en grâce et son engagement virulent contre les Protestants. Il mourra en novembre 1567, à la tête de l'armée royale qui affronte celle des Huguenots, dans la plaine de Saint-Denis. Il avait 74 ans. Henri II avait désiré être enterré auprès de lui, mais Anne de Montmorency avait décliné l'honneur d'une sépulture à Saint-Denis. Il fut donc inhumé dans la collégiale de Montmorency (de son tombeau, il ne reste aujourd'hui que son priant et celui de son épouse). Mais son cœur fut déposé aux côtés de celui de son roi, dans la chapelle de l'église des Célestins à Paris.


Dernière Modification   26/12/16

© Histoire de France 1996