Le secret de l'or

Les alchimistes antiques ont-ils su fabriquer l'or ? Les preuves apportées sont toujours sujettes à caution, les explications relèvent de l'empirisme le plus primaire et ressemblent aux pseudo-explications que les radiesthésistes donnent de leur  " Science ". Le principe même de l'alchimie de transmutation ne peut appartenir à l'occultisme supérieur qui rejette toute science utilitaire Marcellin Berthelot pense que l'espérance chimérique de faire de l'or est née des pratiques des orfèvres. Les prétendus procédés de transmutation qui ont eu cours pendant tout le Moyen Age n'étaient à l'origine que des recettes pour préparer des alliages à bas titre, c'est-à-dire pour imiter et falsifier les métaux précieux. Par une déformation presque irrésistible, les orfèvres qui se livraient à ces pratiques ne tardèrent pas à s'imaginer que l'on pouvait passer de l'imitation de l'or à sa formation effective, surtout avec le concours des puissances surnaturelles. Chimie satanique s'apparentant à la Magie infernale qui est son aboutissement, la transmutation des métaux en or ne fut pas étudiée par les Tiahuanaquenses et par les Pré Incas pour qui l'or était en grande abondance. Les prêtres égyptiens du Temple de Memphis passaient, selon Démocrite, pour connaître le secret de la fabrication alchimique de l'or, que le maître Ostanes enseignait aux initiés. Les Pyramides étaient recouvertes d'un alliage d'argent - peut-être l'orichalque atlante - attestant que l'Égypte était bien la Terre de Chim (chamchimis). Ce fut seulement quand certaines connaissances initiatiques sombrèrent dans la sorcellerie que se développa l'alchimie de transmutation. Image : (Le comte Alexandre de Cagliostro)

Le livre de la royauté

Il est incontestable que les alchimistes furent des sataniques et que devant l'inanité de leurs recherches, ils essayèrent des pactes avec le Diable, ce qui ne semble d'ailleurs pas leur avoir réussi. Que de grands initiés, jadis et de nos jours, aient su ou sachent encore fabriquer de l'or, par transmutation ou d'une autre manière, le fait n'a rien d'incroyable. Cependant, pour ces initiés, l'opération alchimique ne constitue pas une fin en soi. Le Livre de la Royauté, attribué à Geber, a la prétention de mettre le Grand oeuvre à la portée des rois (1). Au nom de Dieu, clément et miséricordieux (2). Dans le présent ouvrage j'ai indiqué deux catégories d'opérations. La première d'une exécution prompte et facile, les princes n'aimant pas les opérations compliquées... Ce procédé doit être tenu secret, sans être révélé ni de vos proches, ni à votre femme, ni à votre enfant. Si nous divulguions cette oeuvre, disaient les Anciens, le monde serait corrompu, car on fabriquerait l'or comme aujourd'hui on fabrique le verre. Puis vient la définition de la Pierre Philosophale Sachez, cher Frère, qu'il faut mélanger de l'eau, de la teinture et de l'huile, de façon à en faire un tout homogène; puis, que le liquide fermente, se solidifie et devienne pareil à un grain de corail: l'eau donne de la sorte un produit fusible comme la cire et qui pénètre subitement tous les corps : c'est l'imam. Geber prend bien soin de nous prévenir que le procédé doit être tenu secret. C'était un rite pour les Alchimistes que de prêter le serment de ne jamais révéler les arcanes Je te jure, mon honorable Initié, par la Bienheureuse et Vénérable Trinité, que je n'ai rien révélé des Mystères de la Science qui m'ont été transmis par elle, dans les retraites secrètes de mon âme : toutes les choses dont je tiens la connaissance de la Divinité relativement à l'Art, je les ai déposées sans réserves dans mes écrits, en développant la pensée des anciens d'après mes propres réflexions... Platon, Aristote, Jean le Prêtre, Démocrite, Cléopâtre, Héraclite passent pour avoir réellement fabriqué de l'or de transmutation, et Albert le Grand aurait possédé la Pierre philosophale. Mais la tradition, sur ce point, emprunte beaucoup à la légende. Le grand médecin Jean-Baptiste Van Helmond, qui découvrit, vers 1600, le suc gastrique, a témoigné de l'authenticité de la Pierre Philosophale en écrivant J'ai touché quelques fois de mes mains cette pierre faisant de l'or; j'ai vu de mes yeux comment elle transmutait vraiment du vif-argent commercial et comment en projetant un peu de poudre sur mille fois plus de vif argent, on le changeait en or. C'était une poudre pesante de couleur safran, brillante comme du verre concassé pas trop fin. On m'en avait donné une fois le quart d'un grain (un grain = 1/20' de gramme environ). Je roulai cette poudre dans un peu de cire à sceller afin qu'elle ne se perde pas. Je jetai la petite boule sur une livre d'argent vif que je venais d'acheter et je chauffai le tout. Bientôt, le métal se mit en fusion avec un petit bruit puis se contracta en pelote, mais il était encore si chaud que du plomb fondu ne se serait pas encore durci. En augmentant encore le feu, il devint une nouvelle fois liquide. Lorsque je le fis couler, j'avais de l'or le plus pur du poids de 8 onces (247 g environ). Une partie de poudre avait donc transmuté 19186 parties d'un métal impur, fugitif et se décomposant dans le feu en or pur. Toutes les chroniques sont d'accord sur le fait que quelques grains de la poudre (semence d'or) suffisaient pour transmuter une quantité énorme de métal vil. Ce pouvoir de transmutation s'étendait aussi bien à la masse qu'à la nature et de façon extrêmement simple, c'est-à-dire sans libération des prodigieuses forces atomiques qui accompagnent les transmutations modernes. Les formules antiques parlaient donc en connaissance de cause de l'augmentation de la matière alchimique avec la semence d'or, ce qui écarte tout processus de chimie classique (3). Il est vrai que la chimie et la physique se rapprochent de plus du supra-normal et même du normal inconnu qui bouscule les théories les plus affirmées. D'après Bastiaux-Defrance (4) on attribue faussement à la chaleur la faculté de faire fondre les métaux. L'expérience de Reese montre que seul le mouvement désassocie les particules qui, par leur cohésion, forment un corps et que la chaleur n'est pas une cause, mais seulement un effet secondaire.

La chaleur froide

L'expérience est réalisée comme suit : l'expérimentateur fait tourner un disque d'acier de faible épaisseur à une grande vitesse périphérique (vitesse tangentielle de 7 700 m à la minute). Les métaux approchés de ce disque lisse en mouvement sont coupés rapidement sans qu'il y ait effectivement contact. L'entaille faite dans le métal est plus large que l'épaisseur du disque. Pendant l'opération, le métal coupé, qui peut être de l'acier très dur, fond sur une certaine épaisseur et les gouttes étincelantes de métal fondu sont froides, car elles tombent encore molles dans la main sans provoquer de brûlures et sur un papier blanc sans le noircir. Elles ne sont pas oxydées n'ayant pas été brûlées. Voilà donc de la lumière et de la fusion provoquées par le mouvement sans dégagement de chaleur. Nous retrouvons ici la démonstration de ce feu que les alchimistes qualifiaient de naturel, dont ils disaient  "qu'il ne brûle pas les mains et qu'il est évertué par le feu élémentaire". Bernard de Savignies (5) a traduit du latin un texte hermétique du XVIIè siècle donnant la relation d'une transmutation de plomb en argent Un ami me montra (c'est le baron Urbiger qui parle) et me mit en main une médaille d'argent dont l'histoire est la suivante : au mois d'août 1693, un Prince Sérénissime encore de ce monde (Frédéric Ier, duc de Saxe)  reçut d'un personnage itinérant et parfaitement inconnu. une lettre contenant 32 grains (1 gr 696) d'une médecine philosophique plus que parfaite, ne teignant il est vrai qu'au blanc (ne transmutant qu'en argent), offrant l'apparence d'un sel très ténu, extrêmement subtil et scintillant, semblable à de la neige. Le Prince Sérénissime projeta cette masse de 32 grains, enveloppée dans de la cire, sur une livre et demie de saturne vulgaire purifié et mis en fusion, et après l'avoir maintenue une heure et plus en fusion franche, il la coula et retira de cette livre et demie de saturne 37 lotons (555 grammes) d'argent extrêmement pur, soutenant toutes les épreuves et même plus fixe que ne l'est la lune naturelle. Le duc sérénissime et moi-même qui assistions à l'opération, admirâmes vivement ce miracle et pour commémorer perpétuellement cette lune (argent) artificielle et pure, on fit sept gracieuses médailles, pesant chacune 5 lotons (environ 75 gr) portant les inscriptions et emblèmes... destinés à célébrer la profonde et incomparable sagesse du Prince.

L'or potable

Un alchimiste de notre temps, Armand Barbault, vient de découvrir, authentifié par des experts chimistes, le secret longuement cherché au cours des siècles de 1' « or potable ». Armand Barbault, sous le pseudonyme de Rumélius, a installé son athanor à Mézilles (Yonne) d'où il nous a écrit le détail de ses recherches Après 12 années de travail, après avoir rassemblé les matières premières nécessaires, j'ai constitué une Tourbe dite « Tourbe des Philosophes » qui, peu à peu, est devenue un « levain », lequel est devenu un dissolvant de l'or. Ainsi, j'ai réussi à dissoudre de l'or en poudre dans un bain de rosée, grâce à ce dissolvant, et la liqueur obtenue est une base (non un acide), et représente ce que les philosophes appellent la Médecine du Premier Ordre, cet or végétal bien connu de Paracelse, qui a la propriété de guérir les maladies de sang à virus, et de reconstituer les cellules. J'ai fait 8 médecines différentes; c'est-à-dire que mes teintures d'or vont de 1 à 7; puis il y a le n° 10. Partant d'un PH (6) de 12 à   la base, le PH diminue jus qu'à devenir neutre en n° 10, alors que les colorations d'or sont de plus en plus fortes... Bien sûr, la seule façon de faire quelque chose était de prendre contact avec un laboratoire allemand, et maintenant, depuis décembre dernier, c'est la Walla Heilmettel de Stuttgart, dirigée par le Dr Rudolf  H. qui distribue aux médecins les liqueurs afin de procéder aux essais. La dernière lettre reçue d'Allemagne le mois dernier, me dit que ces essais sont positifs... Il s'agit d'or potable, d'or végétal, puisque le dissolvant est fait avec des sèves et des végétaux, alors que la liqueur de base est de la rosée... Non ! Je n'ai pas encore fait de l'Élixir de Longue Vie car la Médecine du Premier Ordre est tirée du sang du Lion Vert et son pouvoir de régénération est assez lent, alors que la Médecine du Second Ordre, celle que les Alchimistes appellent l'Élixir de Longue Vie et dont le pouvoir de régénération cellulaire est rapide, est issue du sang du Lion Rouge et je n'y suis pas encore arrivé... J'ai brûlé récemment toutes les notes accumulées depuis 12 ans; il y a quelques bons livres d'Alchimie, mais davantage encore de mauvais, et Si je ne m'étais pas obstiné à les lire, j'aurais trouvé quatre ans plus tôt (7). Voilà, honnêtement exprimé, l'état actuel de l'Alchimie. A notre connaissance, personne n'est allé aussi loin qu'Armand Barbault à la rencontre des Lions, gardiens tutélaires de la caverne où flamboie la cassette aux trésors(8). Personne, sauf  les savants de Kaspoutini-lar, de Peenemünde, de Saclay et de Berkeley. M. Paul Chanson, maître de Conférences à l'École Polytechnique, a dit un jour:  "Le laboratoire du physicien est l'antre où se fabriquera bientôt l'or de transmutation." Pourtant, les Alchimistes - de plus en plus rares - ne veulent pas abandonner leur vieux rêve et s'acharnent à la poursuite de la chimère. Ils s'y acharneront encore le jour proche où les laboratoires de recherche scientifique feront couler de leurs fours thermonucléaires des fleuves de métal doré. Les athanors des sorciers modernes, on le sait, peuvent déjà fabriquer cet or et non seulement l'or, mais des diamants, des émeraudes, des béryls, des aigues-marines.

La bombe a crée des diamants

Le 13 septembre 1957 ces transmutations furent réalisées par une Bombe A que les Américains firent éclater dans un souterrain de la Sierra Nevada. La bombe avait été placée dans une grotte creusée à l'extrémité d'un couloir en zigzag long de 600 mètres aboutissant à 250 mètres de profondeur sous le mont Ramier, qui domine de ses 2 000 mètres le désert de Nevada. Tous les sismographes du monde entier avaient enregistré l'explosion. Et les choses en étaient restées là, car d'après les calculs établis par les savants, l'accès de la grotte ne devait être possible que dans cent ans, en raison de la chaleur absorbée par les rocs. Cependant, des sondages effectués par des appareils spéciaux indiquèrent que les techniciens avaient largement exagéré cette marge de sécurité. On entreprit le déblaiement du corridor d'accès. En 1961, trois spécialistes, James E. Olsen, directeur du Laboratoire atomique de Livermor, William Gangas, directeur des travaux de forage, et Curtis Klinger, chef du service de sécurité, purent pénétrer dans la grotte. On l'avait construite en plein roc en forme de sphère de 40 mètres de diamètre, mais l'explosion en avait fait une cavité large de 50 mètres et haute de 10. La chaleur y était d'environ 50°. Mais ce qui frappe  le plus les trois hommes, fut le spectacle qu'offraient les parois. Sous le double effet de l'énorme pression et de la chaleur provoquées par l'explosion, les roches siliceuses s'étaient couvertes de cristaux provenant de leur fusion, cristaux qui avaient été réduits en fragments par les éclats de rochers mis en pièces. Parmi ces cristaux se trouvaient des rubis et des diamants. Par mesure de prudence et en raison de la chaleur, les hommes ne purent prolonger leurs observations et l'on sait peu de chose encore sur la quantité et la qualité de ces pierreries. Mais un fait est acquis la bombe atomique a reproduit artificiellement les conditions physico-chimiques qui, il y a deux ou trois milliards d'années, ont présidé à la formation naturelle des pierres qui brillent aujourd'hui à la devanture des bijoutiers. Il a fallu une pression et une chaleur considérables. Cette pression et cette chaleur, l'homme en est maintenant le maître. Et lé temps n'est plus éloigné où, grâce à l'énergie nucléaire, on fabriquera à volonté d'immenses quantités de pierres précieuses.

L'homme le plus riche du monde

Cependant, à l'heure des athanors agonisants et des fours atomiques vainqueurs, la magie propose encore d'attirantes énigmes. Quelques paroles à prononcer (Abracadabra - Sator - Arepo - Arm - Stram - Gram) et voilà des monceaux d'or M. Mohamed Saad H. est - dit-on - un des vingt grands milliardaires du monde, parce qu'il possède une petite fleur fanée, jadis jaune, cueillie par une nuit de mai, sur un haut lieu du globe. Les habitants d'Adana, qui, par faveur insigne, sont admis à pénétrer dans un certain bureau tapissé, des plinthes au plafond, de dollars, de livres, de louis et de piastres d'or, sont absolument persuadés que le maître des lieux, le richissime Mohamed Saad H., est devenu le Dieu de l'Or depuis que ses mains ont caressé la mystérieuse Baahra. Il y a une vingtaine d'années, les H... étaient de pauvres, très pauvres gens : le père, humble muletier, effectuait des transports de marchandises à travers les vallées de l'Anti-Liban. Par hasard, la chance se présenta, masquée, en une aventure où tout, d'abord, semblait banal. Le muletier, dans la montagne, au péril de sa vie, retira d'un précipice un chef des mystérieuses tribus qui vivent solitaires aux confins des monts Ansarieh. Le blessé, un Cheik, tint à lui manifester sa gratitude et lui fixa rendez-vous, au même endroit, à la première lune du mois de mai. « Je te ferai un cadeau royal », dit-il. A vrai dire, M. H... n'accorda pas grand crédit à cette promesse et attendit sans trop d'impatience la date fixée. Néanmoins, il se rendit au rendez-vous. La pleine lune se levait quand il arriva au lieu où le Cheik l'attendait et ils se mirent en route pour une destination qui intrigua le muletier. « Où me mènes-tu de ce pas ? demanda-t-il.   Je t'emmène là où pousse la Fleur de l'Or. Tu la ramasseras toi-même et ensuite tu pourras te laisser vivre pour peu que tu fasses le commerce de l'or, car l'or viendra à toi comme l'eau du Nahr el-Kebir va à la roue du moulin. » Le muletier n'osa pas mettre en doute la parole de son obligé, mais il regretta amèrement d'être venu au rendez-vous, car la marche était longue et la nuit fraîche. Enfin, ils arrivèrent par le flanc rugueux des monts, à l'ouest de l'Oronte et les deux hommes se mirent à chercher au ras du sol, en marchant contre la lumière lunaire, une petite fleur qui jetait des éclats jaune doré irradiait comme de l'or en fusion. "Elle est à toi, dit le Cheik, mais il faut la déterrer tout de suite, car elle ne brille que par intermittence et disparaît avec le jour. Elle ne pousse qu'en cet endroit du monde. Garde-là précieusement, car c'est la Baahra" Selon un rite précis, le muletier déterra la fleur bizarre, remercia le montagnard et redescendit dans la vallée conter l'aventure à sa femme et à son fils. Puis, il oublia et reprit son métier. Dire que la fleur-talisman fit grand effet sur Mohamed Saad  quand il hérita de son père, serait pour le moins téméraire. Pourtant il quitta la montagne et vint s'installer dans la métropole avec le dessein bien arrêté de faire un commerce où l'or entrerait en jeu. De ce jour, la réussite fut insolente, incroyable. L'or cascadait autour de lui, entrait dans sa caisse, se multipliait. Sa témérité le fit engager des fonds dans des affaires qui auraient dû le ruiner. Par de miraculeux revirements, tout se tourna à son avantage. Il prêta de l'or à des emprunteurs véreux et insolvables, investit des sommes considérables dans des entreprises qui n'avaient aucune chance de réussir. Les insolvables rendirent l'argent, les mauvaises affaires prospérèrent. Mohamed Saad   H.. est aujourd'hui un des vingt hommes les plus riches du monde.  Quelque part dans un coffre, la fleur de Baahra se consume lentement.

Coffres-forts secrets en Suisse

La légende de l'or ne relève pas que de la magie. Le coffre-fort du monde est la Suisse, où est entreposé dix fois plus d'or qu'en Amérique dans le Fort Knox et à Paris dans la Banque de France. Tous les gouvernements, tous les riches industriels, commerçants, voire même prélats, déposent dans la nation neutre un trésor qu'ils estiment en sûreté. Le contrôle de cette montagne d'or échappe en partie aux Suisses, car des magnats du monde des affaires sont propriétaires de plusieurs grandes banques. En dehors des dépôts légaux, existent des dépôts secrets. Il est logique - et il est certain - que, par exemple, des personnes politiques telles que Battista, Raphaël Trujillo, Fidel Castro, Mossadegh et jusqu'à   Nasser le dictateur égyptien, en passant par les potentats et magnats d'Afrique et du Moyen-Orient, ont - ou avaient - déposé en Suisse des sommes considérables. En cas de revirements politiques et Dieu sait qu'il en est pour ces politiciens - ils savent pouvoir compter sur le dépôt de Genève ou de Lausanne. Mais ces dépôts ont été effectués dans des conditions particulières. Il est bien évident en effet qu'un magnat du pétrole, pour prendre un exemple - émir, cheik ou chef de gouvernement - peut être renversé en quelques heures. Il devra s'enfuir au plus vite et peut-être sans avoir eu le temps de se munir de pièces d'identité. D'autre part, un avoir régulier en banque - encore que la Suisse assure le secret le plus absolu sur le dépôt et sur le déposant - au nom de l'émir X ou du Président Z, peut risquer dans l'avenir de subir un embargo, une saisie-arrêt de la part d'un gouvernement. Il est donc important que cet avoir ne soit pas nominatif. Un potentat du Proche-Orient, l'émir de K., a trouvé une solution en devenant le Directeur d'une des principales banques de Genève. D'autres usent d'un curieux système. Ils font déposer leurs fonds - plusieurs milliards - par un fondé de pouvoirs. Au cours d'un voyage en Suisse, on convient d'un code avec la banque : l'argent ne peut être retiré que par qui possède le "mot de passe" ou un code convenu, par exemple X - 75 -FH - 4885, qui est partiellement contenu par quatre enveloppes cachetées. La première comporte le premier signe du code X, la seconde 75, la troisième FH, la dernière 4885. De quoi déjouer en principe toute tentative d'escroquerie (9). Aucun nom, aucune adresse de déposant n'est donnée. Un seul risque - qui se produit assez souvent : Si le dépositaire meurt, le trésor demeure sans propriétaire. On estime que 800 milliards au moins, en souffrance dans des coffres, ne seront jamais réclamés. Depuis 1940, les banques suisses de Berne, de Zurich et de Genève ont dû quintupler la superficie de leurs caves. Parallèlement, des magnats et principalement les grands pétroliers du Moyen-Orient, ont acheté des villas en territoire helvétique et fait construire des abris "antiatomiques" qui sont bourrés de lingots d'or et fermés au béton, si bien que la Suisse est devenue une gigantesque chambre forte ou, si l'on préfère, un parc à trésors enterrés. On dit   mais tout contrôle est naturellement impossible - que le principal client de ces banques est, par personnes interposées, le gouvernement de l'U.R.S.S. Il y a seulement cinquante ans, l'alchimiste pouvait abuser les esprits crédules et se dire fabricant d'or. Depuis 1958 (10), depuis que la transmutation atomique peut créer l'or artificiel, les derniers souffleurs, désespérant d'aboutir, éteignent leurs athanors. Au Congrès 1961 du Symbolisme, à Paris, ces alchimistes, venus du monde entier, ont tenu une conférence secrète et désabusée. Ils abandonnent. Dernier héritier du secret de Cléopâtre, d'Albert le Grand, de Van Helmond et de Nicolas Flamel, Armand Barbault lutte avec son four à charbon de bois contre les fours nucléaires des physiciens où des températures infernales dépassent un million de degrés centigrades. C'est le dernier acte de la légende de l'Or.

(1)  Les alchimistes ou prétendus tels affectionnaient les relations princières et s'ils fabriquent volontiers de l'or pour les grands de la Terre, il n'est Jamais question pour eux d'en faire profiter de pauvres diables, ce qui serait pourtant plus logique de la part d'initiés. Ce signe à lui seul prouve le caractère satanique de l'Alchimie de transmutation.
(2)  Voilà une singulière façon d'honorer Dieu
(3)  Ou prouve tout simplement l'impossibilité des transmutations alchimiques.
(4)  Fusion et lumière froides. Initiation et Science, n' 52, Omnium Littéraire.
(5)  Les Aphorismes d'Urbiger, Initiation et Science, n, 52.
(6)  PH = formule exprimant l'acidité réelle d'une solution par le chiffre de la concentration des ions acides.
(7)  Lettre d'Armand Barbault. Mézilles le 22-6-61.
(8) Le grand alchimiste Eugène Canselier aurait, dit-on, abouti à la création de l'œuf  philosophal, et Jollivet  Castelot (Prix Michelet) aurait fabriqué de l'or alchimique.
(9) Jamais un voyant, jamais un radiesthésiste n'a réussi à deviner un code qui vaut une fortune.
(10) Les Américains, les premiers, ont transmuté le mercure en or en 1919. Il s'agissait d'expériences de laboratoires non rentables.

Cette page est extraite des oeuvres de Monsieur Robert Charroux. Tous les textes présents dans cette rubrique sont retranscrits intégralement. Ils ne souffrent aucun résumé et méritent d'être reproduits dans leur intégralité. Ce n'est pas du plagiat, mais une reconnaissance et un hommage envers un auteur courageux, hélas disparu, qui a su braver le scientifiquement correct.  La page source vous indique le moyen d'acquérir ses ouvrages


Dernière Modification   22/12/16

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