Haïti

 

Superficie :  27 750 km²
Population : 5 000 000 habitants
Capitale : Port-au-Prince(800 000 habitants)
Langues : français
Religion : catholicisme
Régime politique : république présidentielle
Unité monétaire : la gourde.

    En 1492, au cours de son premier voyage vers les "Indes", Christophe Colomb touche terre au sein des Grandes Antilles, dans l'île d'Haïti : il l'appelle "Hispaniola". En 1844, cette île est divisée en deux Etats indépendants, la république Dominicaine, à l'est, développée sur près de 50 000 km² et la république d'Haïti, à l'ouest, de superficie plus modeste : 27 750 km².
    Le paysan haïtien, qui pratique l'artisanat pour améliorer un budget de misère, parcourt parfois de longues distances pour écouler sa marchandise.
    La majeure partie de son territoire est de nature montagneuse : deux cordillères, culminant à 2 700 m, à La selle, s'étirent du nord-ouest vers le sud-est. Celle du nord, appelée Cordillère centrale, resurgit au cœur du pays sous la forme d'un ensellement plus modeste dont elle est séparée par la belle vallée de l'Artibonite. Celle du sud, la Cordillère méridionale, prolongée par la péninsule singulièrement étirée du Tiburon, est jalonnée sur son versant septentrional de dépressions pittoresques, telle la plaine du Cul-de-sac ou, à la frontière de Saint-Domingue, le secteur le plus lugubre de l'étang Saumâtre.
    La végétation de ces croupes montagneuses contraste vigoureusement avec celles qui parent les rares dépressions; la savane règne en maîtresse sur ces dernières. Eu égard à la latitude tropicale, adoucie par l'importance du relief, les principaux versants, abondamment arrosés (surtout au nord), se parent en effet de somptueuses forêts d'acajous et de cèdres, relayés en altitude par des formations de semper virens (conifères).
    Cette ossature montagneuse est peu propice à l'implantation humaine; pourtant, premier paradoxe, Haïti est fortement peuplée; 5 000 000 d'habitants environ, dont près de 500 000 se pressent aujourd'hui dans l'agglomération de Port-au-Prince, la capitale. Les densités d'occupation peuvent atteindre 400 habitants au km² sur le liseré des quelques plaines littorales, près de 200 encore sur les premiers escarpements dominant les côtes rocheuses.
    Au sud de Haïti, dont le nom signifie "haute terre", ces étendues saumâtres portent des qualificatifs pittoresques attribués par les boucaniers du XVIIe siècle : Cul-de-sac, Trou-Caïman, Limonade, Marche-Canard.
    La prédominance des littoraux irréguliers, troués de baies, semés de caps et de promontoires, explique le rôle stratégique joué naguère, à l'époque des grands voiliers et des convois de galions chargés d'or et d'épices qui attiraient la piraterie maritime, par Hispaniola : témoin le repère flibustier de l'île de la Tortue, ancrée à quelques encablures de la côte haïtienne, dans l'Atlantique, ou celui de l'île de la Gonâve, à l'entrée de la baie de Port-au-Prince.
    La démographie de la République haïtienne, depuis la disparition presque complète des fléaux endémiques et des grandes épidémies qui sévissaient dans les Antilles (révolution médicale apportée de l'extérieur, et notamment des Etats-Unis), est de tendance franchement galopante : 24 ‰ de taux d'accroissement annuel, un des plus impressionnants du continent américain.
    La population est, pour une très large majorité, constituée de Noirs (85%), alors que les minorités mulâtres (10%) et blanches sont surtout rassemblées dans les villes : Port-au-Prince et, plus modestement, Cap Haïtien et Gonaïves. Noirs et mulâtres descendent des esclaves importés d'Afrique tout au long du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle et récupérés par les Français qui occupèrent l'île jusqu'en 1804.
    L'influence française reste ici très profonde : le français demeure la langue officielle; la population, dans sa quasi-intégralité, parle créole et, tout en demeurant très largement fidèle aux rites animistes et fétichistes du culte vaudou, pratique la religion catholique. Sur le plan culturel, l'occupation ultérieure d'Haïti par les Etats-Unis (entre 1915 et 1934) fut de faible influence; les conséquences économiques, en revanche, se manifestent encore aujourd'hui avec virulence.
    Second paradoxe, ce milieu naturel ingrat se caractérise par des structures économiques essentiellement rurales : 70% de la population active appartiennent au secteur primaire de l'exploitation des ressources du sol, dans le cadre de structures agraires archaïques. Coexistent, en effet, un pullulement d'exploitations minuscules, (neuf domaines agricoles sur dix ont une superficie inférieure à un hectare !), vivant très chichement, en autosubsistance, de la culture du tabac, du maïs, du riz, de quelques productions vivrières, et de grandes propriétés, contrôlées le plus souvent par des sociétés étrangères. C'est le cas notamment des grandes plantations de café (75% des exportations de l'Etat) dominées par des compagnies américaines, de canne à sucre, de bananeraies, de sisal.
    Bien entretenues, les plantations de café s'étagent jusqu'à 1 700 m d'altitude. Bien que représentant 60% des exportations haïtiennes, l'exploitation du café est actuellement en régression.
    Si le premier type demeure économiquement très marginal, le second - sur lequel était fondée la relative prospérité de l'île - est plongé depuis une décennie dans une inquiétante léthargie. Les maux les plus classiques d'un milieu rural de pays sous-développé sont tragiquement additionnés à Haïti : absentéisme des grands propriétaires fonciers, archaïsme des méthodes, routine, analphabétisme, systèmes draconiens de fermage, médiocrité extrême des rendements. On a calculé par exemple qu'un agriculteur américain avait, en moyenne, une productivité cinquante fois plus grande que celle d'un agriculteur haïtien.
    Si l'on ajoute à ce tableau navrant des activités agricoles une industrialisation insignifiante (en dépit de belles ressources en bauxite, exploitées par les Américains, et en cuivre, contrôlées par les Canadiens), se résumant à quelques ateliers artisanaux, une raffinerie ou une cimenterie..., des infrastructures routières et ferroviaires inexistantes (moins de 200 km de voies ferrées), on ne sera guère surpris de constater que  la population haïtienne dispose du plus faible revenu annuel moyen du continent américain.
    Le climat politique, longtemps très agité, s'est figé en 1957, avec le régime présidentiel du docteur Duvalier, "président à vie" en 1964, tout comme son successeur, son propre fils Jean-François. Leur régime implacable, appuyé sur la police des "Tontons Macoutes" s'est opposé jusqu'à ce jour avec succès à toute tentative de libéralisation dans l'île.