Namibie

Superficie : 825 000 km²
Population : 852 000 habitants dont 99 000 habitants d'origine européenne
Capitale : Windhoek (65 000 habitants)
    La Namibie est le nom que donna, en 1966, l'assemblée générale de l'O.N.U. au territoire du Sud-Ouest africain, ancienne colonie allemande placée depuis 1919 sous administration sud-africaine. Ce vaste territoire semi-désertique, grand comme une fois et demi la France, n'a, depuis 1945, cessé de préoccuper la haute instance internationale, à laquelle la République d'Afrique du Sud s'oppose un défi permanent.
    Le territoire de la Namibie est en majeure partie constitué par un plateau d'altitude moyenne, comprise entre 1 000 et 1 500 m, dont le rebord domine une étroite bande côtière. Au nord, s'étendent des plaines sablonneuses; à l'est et au sud, le désert du Kalahari, dans lequel les frontières avec le Botswana et l'Afrique du Sud ont été tracées au cordeau. Le climat est de type tropical semi-aride, comportant une brève saison de pluies. Les cours d'eau ont un régime irrégulier, comparable à celui des oueds sahariens. Les fleuves importants sont l'Orange et la Cunene. Le réseau hydrographique devient plus dense au nord-est, dans la bordure du Caprivi.
    Un majestueux cortège de femmes de Namibie.
    Cette région pauvre était originairement peuplée par les Bushmen et les Hottentots, qui vivent à présent dans le Kalahari et dans le sud. A ces premiers groupes s'ajoutèrent des Bantous : Ovambo, Herrero et Damara, puis des Européens d'origine allemande et anglaise. L'inégalité actuelle du peuplement, qui laisse de grandes superficies vides d'habitants, provient d'une part du manque de ressources, et d'autre part de l'établissement de restricted areas sur une large partie de la bande côtière et de la zone nord-orientale, en raison de la présence de gisements diamantifères.
    La majorité de la population se concentre dans le centre du pays. Les principales villes de la Namibie sont Windhoek - son chef-lieu qui en est aussi le principal marché - et sur la côte, les ports de Walvis Bay et de Lüderitz.
    L'annexion de fait réalisée par l'Afrique du Sud a entraîné l'application stricte de l'apartheid. Les Noirs sont cantonnés dans des réserves où ils pratiquent une agriculture de subsistance, alors que les Européens détiennent 58% des terres, sur lesquelles aucun Noir ne peut résider s'il n'est pas en possession d'un livret de travail attestant qu'il y est employé.
    Les activités agricoles sont essentiellement orientées vers l'élevage, notamment celui des agneaux karakuls, dont les peaux traitées fournissent l'astrakan. Le manque d'eau se fait douloureusement sentir, bien que la mise en valeur de certaines régions ait été entreprise (barrage de la Cunene).
    La Namibie possède un considérable potentiel minier : diamant, cuivre, plomb, zinc, manganèse, vanadium, fer, graphite, tungstène, étain, lithium, etc., encore peu exploité. Cette richesse explique la volonté de Pretoria de maintenir ce territoire dans son orbite, en dépit des protestations générales.
    La pénétration européenne ne commence dans cette région de l'Afrique qu'au XIXe siècle. Ce sont d'abord des colons allemands qui s'y installent et, en 1884, Bismarck établit un protectorat allemand sur ce territoire. Mais les tribus Herrero se soulèvent et le général von Trotha lance contre elles un "ordre d'extermination". 60 000 Herrero sont massacrés. En 1914, les Anglais demandent au général sud-africain Botha d'envahir le protectorat allemand, qui capitule.
    Le désert de Namibie s'étire sur 1 300 km de longueur et 50 à 100 km de largeur. Les dromadaires parviennent à supporter l'aridité de cette zone.
    Le "Bothaland" sera placé en 1919 sous mandat sud-africain par la Société des Nations, l'Union sud-africaine ayant à charge d'y accomplir une "mission sacrée de civilisation". En fait, l'Afrique du Sud considère le territoire comme une simple colonie, et y établit l'apartheid. En 1925 d'abord, en 1949 ensuite, le Parlement rapproche le statut administratif du Sud-Ouest africain de celui des quatre autres provinces, puis complète son œuvre en 1968 par des lois qui le dotent d'une structure administrative, identique à celle du reste de l'Afrique du Sud.
    Succédant à la S.D.N. en 1945, l'O.N.U. pose le problème de la transformation du mandat en tutelle, et de l'accession du territoire à l'indépendance. Mais l'Afrique du Sud refuse de se soumettre à ses injonctions, d'autant plus que la Cour internationale de justice hésite à se ranger aux côtés de l'Assemblée générale de l'O.N.U., et recule devant des décisions qui auraient permis une action plus rapide de la communauté internationale.
    Forte de ces querelles juridiques, l'Afrique du Sud se refuse à tout contrôle. En juin 1971, la Cour, sollicitée pour avis, déclare illégale l'occupation de la Namibie par l'Afrique du Sud. Pretoria rejette l'avis et maintient ses positions, malgré les sanctions économiques décrétées par l'Organisation des Nations Unies.
    En dépit des protestations internationales et de l'organisation de mouvements nationalistes comme le S.W.A.P.O. (Organisation du peuple du Sud-Ouest africain), le S.W.A.N.U. (Union nationale du Sud-Ouest africain), le S.W.A.U.N.I.O. (Organisation de l'indépendance nationale du Sud-Ouest africain uni), et de groupes en exil qui, tous, bénéficient du soutien plus ou moins actif de l'Afrique, la Namibie est loin de l'indépendance. Les intérêts économiques ou stratégiques des grandes puissances sont trop importants pour qu'elles condamnent réellement l'Afrique du Sud, et qu'elles lui imposent l'évacuation de ce territoire.