Le mandat d'Armand Fallières

 

Armand Fallières a été ministre et est inscrit au parti socialiste de gauche. Il faut maintenant appliquer la loi sur la séparation des églises et de l’état. Pour ce faire il faut inventorier le mobilier de toutes les églises ?…. Cette mesure va provoquer des manifestations dans le Nord, en Anjou, en Bretagne et dans le pays basque. Certains officiers chargés de faire respecter les saisies préfèrent démissionner plutôt que de profaner les églises. Févier 1906, une encyclique du pape pie X condamne la loi de séparation comme contraire à la constitution de l’église. Des troubles graves ont lieu dans le Nord, un garçon boucher est tué. Mars 1906 terrible catastrophe dans les mines de Courrières, une grève générale est décrétée dans les mines du bassin houiller du Pas-de-Calais, quatre vingt dix mille ouvriers se mettent en grève. Formation du ministère Sarrien. Aux affaires étrangères, Léon Bourgeois à l’intérieur, Clemenceau. Ce dernier suspend les inventaires dans les églises. Avril, fin de la conférence d’Algesiras succès diplomatique pour la France, échec pour l’Allemagne qui n’a obtenu que le soutient de l’Autriche et du Maroc. Par dix voix contre trois la France garde son rôle au Maroc. Le 1er mai la CGT réclame la journée de huit heures. Clemenceau fait arrêter le secrétaire général de la CGT. Cette mesure va créer un conflit entre radicaux et socialistes. Les élections législatives portent les radicaux en tête, l’opposition n’obtient que 174 sièges. Le bloc de gauche obtient 326 députés. Juin 1906 des conflits sociaux se multiplient, Clemenceau envoie la troupe. Interpellé par Jaurès, Clemenceau répond "  Ce n’est pas la forme de la société qu’il faut améliorer, c’est l’homme. " Jaurès réplique qu’il faut laisser la liberté au prolétariat (Au 20e siècle on voit ce que cela donne, on en use, et on en abuse). Cet incident va précipiter la rupture entre radicaux et socialistes. Juillet Dreyfus est réintégré dans l’armée avec le grade de commandant. Septembre la CGT met en place la charte de la révolution sociale, le syndicalisme doit être au service de la classe ouvrière, et permettre au besoin le sabotage du travail. C’est une véritable révolution contre la société. Qu’est donc devenue la révolution de 1789 ? l’aurait-on faite pour rien ? puisqu’il faille recommencer. Démission du ministère Sarrien, formation du ministère Clemenceau. Il garde l'intérieur, met Briand à l'instruction publique et aux cultes, Picquart à la guerre, Barthou aux travaux publics, Caillaux aux finances. La grande question pour ce ministère va être de régler la question sur la séparation des églises et de l’état. Faute d’une entente avec le Vatican Briand décide que les curés resteront dans leurs églises, celles ci appartiendront aux communes, les cathédrales reviendront à l’état. Viviani se félicitera de cette œuvre anticléricale " Nous avons éteint dans le ciel des lumières qui ne se rallumeront plus ! ". Il n’y a pas si longtemps, c’est à dite soixante dix ans plus tard en 1981, un des descendants de ce Monsieur déclarait " Nous sommes passés de l’ombre à la lumière ", il ne fallait pas les éteindre en 1907. Par contre Briand se déclare prêt à toutes conciliations. En novembre, sans coup férir députés et sénateurs s’octroient une augmentation. Leur salaire passe de neuf mille francs à quinze mille francs par an. En décembre, âgé de quatre vingt sept ans Monseigneur Richard archevêque de Paris est expulsé, le chargé d'affaire du Vatican est expulsé par Clemenceau. Janvier 1907 Maurice Barrès est reçu à l'académie Française. Mars, de nombreuses grèves perturbent la vie des Français, les parisiens sont privés d'électricité pendant plusieurs jours. Au Maroc, un médecin français est tué à Marrakech, les forces françaises occupent Oujda. Ce même mois d'avril 1907 les fonctionnaires manifestent: ils réclament le droit de se syndiquer, de faire grève, ils sont mécontents des conditions d'avancement, la fédération des instituteurs déclare vouloir adhérer à la CGT. Clemenceau fait révoquer plusieurs d'entre-eux et déclare à la chambre "Nous refusons de réintégrer les fonctionnaires qui se sont mis en révolte contre le gouvernement de la république. On n'est pas obligé d'être fonctionnaire. Quand on l'est, on a certaines obligations à remplir. Il y a encore en France un certain nombre de citoyens qui ne le sont pas. Je prétends qu'ils ne doivent pas être à la merci des autres".Dans le midi les vignerons sont mécontents, le prix du vin est tombé à dix francs le l'hectolitre, ils réclament une loi contre le sucrage et la limitation des surfaces plantées. Violentes bagarres à Montpellier. De nombreux maires par solidarité donnent leur démission et ferment leurs mairies. La foule se rue sur la sous-préfecture de Narbonne pour l'incendier, on fait appel à la troupe. A Perpignan on dénombre plusieurs foyers d'incendie, à Béziers cent vingt mille vignerons crient dans les rues "Sus aux fraudeurs! au secours". Clemenceau fait venir le meneur Marcellin Albert, à Paris, lui fait des promesses et lui prête cent francs pour son retour ! le chef des vignerons est déconsidéré par les manifestants. Clemenceau fait voter une loi contre le mouillage et le sucrage, et tout retournera dans l'ordre. En juillet 1907 plusieurs ouvriers français occupent Casablanca. En octobre suite au congrès radical qui se tient à Nancy, le groupe de Jaurès rompt définitivement avec le gouvernement. Clemenceau garde la majorité. Janvier 1908, des dix sept points compris dans le projet de gouvernement établi par Clemenceau, aucun n'a encore été voté. L'agitation des fonctionnaires s'intensifie, la CGT et son secrétaire général poussent les ouvriers contre les patrons. En juin la chambre vote enfin le premier point du projet de Clemenceau : le rachat par l'état de la compagnie des chemins de fer de l'ouest. En Turquie le sultan est chassé par de jeunes officiers qui prennent le pouvoir, en demandant l'aide à l'Allemagne. Au Maroc le sultan doit se mettre sous la protection de la France. De graves incidente au Maroc, le consul d'Allemagne favorise la désertion de légionnaires autrichiens, ceux-ci sont arrêtés lors de leur embarquement. Au cours d'une bagarre avec la police française, un agent allemand est frappé. L'Allemagne réclame des excuses. "Des excuses jamais ! s'exclame Clemenceau" L'Autriche annexe la Bosnie et l'Herzegovine, en Bulgarie le tsar Ferdinand proclame l'indépendance du pays. Moulay Hafid  dépose son frère Abd-el Aziz et prend sa place à la tête du Maroc. Décembre 1909 le président à un petit accrochage lors d'une promenade à pied. Pour lui avoir égratigner le cou, en voulant lui tirer la barbe, le contrevenant se voit infliger quatre ans de prison. Mars 1909 adoption par la chambre de l'impôt sur le revenu, le sénat hostile au projet, le fait stopper.  Clemenceau propose de donner un statut aux fonctionnaires mais il exclut le droit de grève. Par riposte la CGT lance une grève générale. Cinq cent cinquante postiers sont révoqués. Le ministère de Clemenceau s'essouffle, on lui reproche son autoritarisme. En juillet le cuirassé Iéna explose ce qui donne à Delcassé l'occasion de dénoncer la médiocrité de notre marine. A la chambre la confiance au gouvernement est rejetée, Clemenceau démissionne. Aristide Briand est chargé de former le nouveau gouvernement, il prend l'intérieur et nomme Millerand aux travaux publics, Pichon aux affaires étrangères et Cochery remplace Caillaux aux finances. Une déclaration de l'épiscopat français stipule que "L'école laïque est trop souvent hostile aux croyances chrétiennes" C'est la guerre entre le curé et l'instituteur. Désormais toutes les formations de gauche auront dans leur projet de gouvernement la défense de la laïcité. Le projet sur la proportionnelle est rejeté. Février 1910, vote du projet de loi sur les retraites ouvrières, la loi sera promulguée le 5 avril et appliquée le 3 juillet 1911. Les élections législatives d'avril mai 1910 montrent  une forte poussée socialiste, avec renouvellement du personnel, les vieux radicaux sont restés sur le quai.? Pendant qu'Aristide Briand promet de s'occuper de la réforme électorale, du statut des fonctionnaires, du contrôle des écoles privées, les Français sont plus préoccupés par le passage de la comète de Halley. Octobre les cheminots se mettent en grève. Aristide Briand réquisitionne ceux du Nord, puis ceux des autres réseaux. Le gouvernement aura le dernier mot. Ceux qui n'auront répondu à la réquisition ou qui auront commis des sabotages, seront révoqués. Briand qui veut rajeunir son ministère, donne sa démission et reforme aussitôt un autre ministère avec des hommes nouveaux. Février 1911, suite à de véhéments reproches sur son retard pour la fermeture des établissements congréganistes, Briand démissionne. Monis forme le nouveau gouvernement, Cruppi est aux affaires étrangères, Delcassé à la marine, Berteaux à la guerre, Caillaux aux finances. En avril, le ministère va devoir faire face aux manifestations des viticulteurs champenois et à la révolte des Berbères au Maroc. En juin le ministère est mis en minorité. Formation du gouvernement Caillaux. Il prend l'intérieur, met de Selves aux affaires étrangères, Klotz aux finances, Messimy à la guerre, Albert Lebrun aux colonies. Le 1er juillet déclenchement d'une crise internationale, un navire de guerre allemand est envoyé en rade d'Agadir, sous prétexte de défendre les interêts allemands dans le sud marocain. En fait l'Allemagne va finir par abattre ses cartes. Elle abandonnera le Maroc si la France lui cède le Congo. C'est l'indignation au quai d'Orsay. Est-ce la guerre ? Devant la réserve des pays étrangers, Caillaux décide de traiter directement et secrètement avec l'Allemagne. Il sait l'armée et notre armement trop faibles pour faire la guerre. Il réussit à faire diminuer les exigences de l'Allemagne. Le général Joffre est nommé chef d'état major général. Les négociations avec l'Allemagne sont ardues, on envisage la rupture, l'Italie annonce qu'elle va attaquer la Tripolitaine et la Cyrénaïque. L'Allemagne s'inquiète et de ce fait accepte certaines exigences françaises. Octobre l'Italie déclare la guerre à la Turquie. Novembre l'accord franco-allemand est signé, l'Allemagne reconnaît notre protectorat sur le Maroc, la France cède 270000 km2 de territoires au Congo. Cet arrangement déchaîne la colère dans les deux pays, Clemenceau invective  Caillaux, mais l'opinion publique des deux pays est persuadée que la guerre est inévitable. L'année va se terminer par un fait tragique. Le 21 décembre, un caissier est assassiné en pleine rue par la bande à Bonnot. La chambre ratifie en janvier 1912 l'accord entre et l'Allemagne Clemenceau accuse Caillaux d'avoir mené des tractations secrètes. Caillaux nie mais démissionne. Raymond Poincaré forme le gouvernement, il prend les affaires étrangères, met Millerand à la guerre, Delcassé à La marine, Steeg à l'intérieure, Briand à la justice, Guist'hau à l'instruction publique, Dupuy aux travaux publics, Bourgeois au travail, Klotz aux finances, Lebrun aux colonies, Panis à l'agriculture. La chambre s'attaque au budget, s'occupe du secret du vote (isoloir). Pendant ce temps les Italiens qui rencontrent des difficultés contre les Turcs, croient que ceux-ci sont soutenus par les Français. Des paquebots français sont arraisonnés et ramenés à Cagliari. Poincaré exige leur libération. Mars 1912, la Bulgarie, la Serbie, le Monténégro et la Grèce veulent profiter de la décadence de la Turquie. La Bulgarie et la Serbie signent un accord secret. Lorsque Poincaré l'apprendra, il déclarera "Ce traité contient en germe non seulement une guerre contre la Turquie, mais contre l'Autriche" Avril décès de Brisson nomination de Paul Deschanel à la présidence de la chambre. Le traité de protectorat de le France sur le Maroc déclenche la révolte à Fez où plusieurs Français sont tués. Le gouvernement nomme le général Lyauthey résident général. En mai la Bulgarie et la Grèce concluent un traité secret. En juillet 1912 ont lieu des conversations entre états majors français et russe, le gouvernement anglais désire un arrangement naval avec la France. Cet accord sera signé le 22 juillet 1912. Poincaré se rend en Russie pour conforter l'alliance franco-russe. En septembre les troupes françaises prennent Marrakech. Menace de dissolution des instituteurs et de la CGT suite à l'annonce des enseignants d'adhérer à La CGT. Et c'est la guerre des Balkans. Le roi du Monténégro déclare la guerre à la Turquie, celle-ci déclare la guerre à la Serbie, la Grèce et la BUlgarie. Pour se défendre la Turquie abandonne la Tripolitaine et la Cyrénaïque à l'Italie. Octobre, victoire des Serbes et des Bulgares l'Autriche s'inquiète, les Russes rient. La diplomatie va grâce à l'intervention de l'Angleterre, réunir une conférence à Londres, entre les belligérants. Cette guerre des Balkans aura pour cause le renforcement des relations entre la France et l'Angleterre. Le 30 novembre à Londres l'armistice est signé entre la Turquie et ses adversaires. En janvier 1913 la question qui préoccupe le plus les Français, c'est le remplacement de Fallières dont le mandat expire le 17 février. On parle de Poincaré, mais celui-ci à de nombreux adversaires tels Caillaux et Clemenceau. On demande à Poincaré de se retirer mais il refuse. Le 16 janvier 1913 Poincaré est élu président par 483 voix sur 870.


Dernière Modification   22/12/16

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