Le mandat de Jules Grévy

 

Le même jour, un peu avant vingt heures, Jules Grévy est élu président de la république. Le lendemain 31 janvier 1879 Gambetta est élu président de la chambre des députés. Les trois chambres aux mains des républicains décident de revenir siéger à Paris. Le 14 juillet est déclaré fête nationale et la Marseillaise hymne national. Grévy reçoit la démission du ministère Dufaure qui déclare " A situation nouvelle, il faut des hommes nouveaux ". Parce que Gambetta lui est antipathique, Jules Grévy ne le choisira pas pour former le nouveau gouvernement. Cette erreur sera à l’origine d’une instabilité ministérielle. Le gouvernement Waddington va s’attaquer à l’épuration de l’armée et de l’administration, le frère du président sera chargé de gouverner l’Algérie, enfin il va réformer l’enseignement. Deux projets de loi sont déposés à l’assemblée par Jules Ferry. L'un des deux fera grand bruit à cause de l’article 7 qui stipule " Nul n’est admis à diriger un établissement d’enseignement public ou privé, de quelque sorte qu’il soit, ni à y donner l’enseignement, s’il appartient à une congrégation non autorisée ". En France cinq cents congrégations dispensent un enseignement sans autorisation. Cette mesure touche vingt - mille enseignants parmi les jésuites et les frères des écoles chrétiennes. Jules Ferry déclare qu’il voulait " leur arracher l’âme de la jeunesse française ". Il est traité de " Néron, Dioclétien, Attila, préfigurateur de l’Antéchrist ". Dans certains villages, l’instituteur et le curé en viennent aux mains. Les travaux du canal de Panama seront dirigés par Ferdinand de Lesseps. Le 1er juin mort du prince impérial, tué en Afrique du sud par des Zoulous. Examen par la chambre des projets de Jules Ferry, les discussions dureront trois semaines, une séance se terminera par des gifles, des coups etc.….Enfin le 10 juillet l’article 7 est adopté. En octobre se créera le " parti ouvrier " dont les animateurs sont d’anciens condamnés de la commune. Les projets de Jules Ferry parviennent devant le sénat le 23 janvier 1880. Les discussions sont aussi vives qu’à l’assemblée, ils sont tout de même votés mais l’article 7 est supprimé. Le gouvernement aura recours à des décrets qui stipulent que dans un délai de trois mois, les jésuites devront être dispersés et les autres congrégations être en règle. Personne ne bouge on attend la date d’expiration qui est le 29 juin. Ce jour là on voit dans plusieurs départements, la police venir signifier aux supérieurs des écoles, leur arrêt d’expulsion. La démission de Freycinet laissera la place à Jules Ferry. Le 5 novembre, quatre escadrons de cavalerie, un régiment d’infanterie mettront quatre jours pour réduire le monastère de Tarascon. On ne touchera pas aux congrégations de femmes, on ne prendra pas les biens des congrégations d’hommes, mais bien plus on les laissera discrètement se reformer. Ces projets de Jules Ferry auront contribué à dresser les Français les uns contre les autres. Certains républicains catholiques ou libéraux rejoindront la droite. Création de l’école normale. Cette dernière fournira les professeurs nécessaires aux lycées. En avril 1881 un incident en Algérie sera le prétexte pour intervenir en Tunisie. En effet six cents Tunisiens font irruption en Algérie et tuent cinq soldats français. Jules Ferry président du conseil obtient un crédit de six millions pour son intervention en Tunisie. Fin avril quarante mille soldats franchissent la frontière algéro-tunisienne. Toujours grâce à Jules Ferry la troisième république va se constituer un empire. La France sous cette impulsion va devenir un pays colonialiste. " La Tunisie, le Congo, l’Afrique occidentale, le sud algérien, Madagascar, l’Indochine, Tahiti, puis en 1905 Lyautey conquit le Maroc…… ". Le 12 mai 1881 signature du traité de Bardo. Le Bey de Tunis accepte le protectorat français. L’enseignement public primaire va devenir gratuit. Vingt pour cent des conscrits sont analphabètes. Novembre 1881 démission de Jules Ferry, Gambetta forme un nouveau ministère. Il rencontrera de grandes difficultés, les hommes en vue refuseront d’entrer dans son ministère. Il sera obligé de prendre des jeunes, parmi lesquels on remarquera Waldeck-Rousseau. Ce ministère va trouver une droite hostile, ainsi qu’une extrême gauche qui taxe Gambetta d’attentisme et les banquiers craignent certaines réformes de la part de Gambetta. Janvier 1882 dépôt d’un projet de révision de la constitution. Vive protestation des députés qui craignent une dissolution. La mésentente et le chômage vont provoquer un krach, des millions de petits porteurs sont ruinés. Le 26 janvier 1882 Gambetta défend en vain son projet sur la révision de la constitution, car ce projet de loi sera rejeté. Le ministère qui aura duré un mois et demi s’écroule, Grévy appelle Freycinet. La signature de la triple alliance Allemagne Autriche Italie aura lieu en mai. Ce traité a pour effet de prévoir une attaque éventuelle de la France sur l’un des trois coalisés. En Égypte le peuple est dressé contre l’occupant. De vastes crédits sont votés à Londres. L’Angleterre va bombarder Alexandrie. En France les crédits sont refusés, le ministère Freycinet tombe. Eugène Duclerc est chargé de former le nouveau ministère. Fallières devient sous secrétaire d’état à l’intérieur. Avec ce ministère on ne parle plus d’intervention en Égypte. De ce fait l’Égypte est toute entière aux mains des Anglais, et ceci va accélérer la mésentente franco anglaise. En novembre Gambetta se blesse avec son pistolet, le médecin prescrit le lit, mais une inflammation du péritoine se déclare, personne n’ose entreprendre une intervention chirurgicale, et Gambetta décède d’une septicémie le 31 décembre 1882 à l’age de quarante quatre ans. Suite au traité signé par Savorgnan de Brazza, la France déclare le territoire situé au nord du Congo, colonie française. Puis vient l’occupation de Madagascar. Le 27 janvier 1883 chute du ministère Duclerc. Jules Ferry le remplace. La première chose faite par Ferry est de demander des crédits, pour envoyer un corps expéditionnaire conquérir l’Annam et le Tonkin. En août 1883 mort du comte de Chambord. En mars 1884 sera votée la loi la plus importante du second ministère Ferry, sur la création des syndicats. Malgré les protestations des catholiques, le divorce est rétabli en juillet 1884. A partir de septembre de nombreuses grèves vont se déclarer, et le gouvernement va être confronté à des graves problèmes sociaux. Suite à un attentat perpétré par la Chine sur un détachement français, la France déclare la guerre à la Chine le 18 décembre 1884. Jules Ferry est remplacé par Henri Brisson le 7 avril 1885. Les élections d’octobre verront les républicains perdre ma majorité. L’instabilité gouvernementale va s’accélérer. Le 28 décembre, Grévy est réélu pour un nouveau septennat, il a soixante dix neuf ans. En janvier 1886 Brisson démissionne. Le nouveau ministère est de nouveau formé Freycinet. Sadi Carnot entre aux finances, le général Boulanger au ministère de la guerre. Une loi décide que les chefs des anciennes maisons régnantes et leurs héritiers seront bannis de France. Boulanger organise une grandiose revue militaire à Longchamp, il trône sur son petit cheval noir suivi d’un état major de trois cents officiers. Le 3 décembre démission du ministère Freycinet, Goblet le remplace. En mars 1887 Bismarck, inquiet revanchard et de la popularité de Boulanger, fait voter une loi qui accroît les effectifs de l’armée allemande. Incident entre la France et l’Allemagne suite au kidnapping d’un commissaire de police Schnaebele arrêté et condamné pour contre espionnage. Boulanger propose la mobilisation mais Grévy s’y oppose. Bismarck finit par reconnaître les torts de l’Allemagne. Dès ce moment on décide de se débarrasser de Boulanger trop dangereux. Le 17 mai le ministère Goblet tombe. Rouvier est chargé de constituer le nouveau ministère, Boulanger n’y participe pas. A Clermont Ferrand où il est envoyé pour commander le treizième corps d’armée, le général consacre tout son temps à la vicomtesse Margueritte de Bonnemain. Mais un scandale va faire rebondir sa popularité. La police, grâce à une dénonciation, découvre un trafic de décorations. On commence à citer des complices, parmi eux, un certain Wilson, gendre de Jules Grévy président de la république. Le 7 octobre le général Caffarel est arrêté. Rouvier qui a essayé de protéger Wilson voit son ministère renversé. Il faut maintenant atteindre Wilson. Celui ci habite chez son beau père, Jules Grévy, on ne peut décemment pas perquisitionner rue Saint Honoré. La presse s’acharne contre le président. La foule demande la démission de Grévy. Le 2 décembre 1887 Jules Grévy démissionne. Le 3 décembre Sadi Carnot est élu président de la république.


Dernière Modification   22/12/16

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