Le mandat d'Émile Loubet

Le 18 février au sénat et à l’assemblée, la gauche s’unit pour faire élire Émile Loubet. Ce dernier est né à Marseille, il a été maire, député, sénateur, ministre, président du conseil et président du sénat. De son côté le Figaro en publiant les pièces de l’enquête, démontre que le procès de Dreyfus s’est déroulé sans preuve pouvant établir la culpabilité du capitaine . En mai 1899 a lieu la conférence internationale de la Haye sur la limitation des armes. Annulation par la cour de cassation du jugement de 1894, la cour reconnaît la forfaiture du général Mercier. Le ministère est mis en minorité. La chambre annonce qu’elle ne votera la confiance qu’à un gouvernement décidé à défendre les institutions républicaines et à faire respecter l’ordre public. Waldeck Rousseau forme un ministère soutenu par la gauche. Delcassé est aux affaires étrangères, Galliffet à la guerre, le socialiste Millerand obtient un portefeuille. Le général Galliffet fait le ménage au sein du ministère de la guerre. A Rennes réouverture du procès Dreyfus devant un nouveau conseil de guerre. Après plus d’un mois de discussions houleuses, le capitaine Dreyfus est reconnu coupable avec des circonstances atténuantes et il est condamné à dix ans de prison. Le président Loubet grâce le capitaine Dreyfus. Le ministre de la guerre déclare "  L’incident est clos ". Arrestation des chefs nationalistes Déroulède, Buffet et vingt autres pour complot contre le gouvernement. Chamberlain ministre anglais des affaires étrangères, recherche le rapprochement avec l’Allemagne. De son coté Delcassé s’oriente plutôt vers l’entente cordiale avec l’Angleterre. Le chef des Boers est venu à Paris en mars 1900, en vue de demander l’aide de la France, elle lui sera refusée. Une loi sur la durée du travail, fixe la durée à onze heures. Inauguration de l’exposition universelle et du pont Alexandre III par le président Émile Loubet. Le président du conseil présente un projet d’amnistie pour tous les faits en rapport avec l’affaire Dreyfus, (c’est de ce fait assurer l’impunité du général Mercier) mais surtout affirme qu’il faut stopper l’accroissement des biens des congrégations. Suite à cela Galliffet donne sa démission. Waldeck Rousseau le remplace par le général André anticlérical et radical. Suite à la révolte du 17 juin en Chine contre les légations étrangères du 15 juillet, une force internationale de quinze mille hommes s’empare de Tsien-Tsin, puis de Pékin. En septembre 1900 le congrès international socialiste se tient à Paris. Le congrès condamne l’entrée de tout socialiste dans un gouvernement bourgeois (pourquoi ? les socialistes se situaient où ? n’étaient-ils pas les dignes descendants des révolutionnaires ? et qui avait fait la révolution ? les pauvres bien sur, mais poussés par qui ? par ceux à qui avaient le pognon, et qui ont poussé ceux qui n’en n’avaient pas à en réclamer en encore plus. Que se passe t-il de nos jours aucun gouvernement n’ose attaquer les puissants ils font la pluie et le beau temps. L’argent gouverne le monde tant pis pour les pauvres. Ceux qui possèdent l’argent ne l’investissent que si cela leur rapporte. La révolution n’a rien changé, sinon de donner aux plus puissants encore plus de pouvoir. Mais le peuple cette fois est content, il a ce qu’il veut des jeux du pain.). En France les guesdistes font scission. Cent ans plus tard tout a bien changé. La majorité de nos politiciens sont devenus maîtres dans l’art de la prostitution. Pour eux le bien de la France passe après leur intérêt personnel, l’abstention aux urnes me donne raison. Waldeck Rousseau dénonce la trop voyante richesse des congrégations, ceci préfigure la lutte contre l’enseignement privé. Waldeck Rousseau rappelle aussi qu’il ne faut pas sous estimer la menace allemande. Delcassé qui tente un rapprochement vers l’Angleterre n’est pas prêt d’y parvenir. En effet Guillaume II et la reine Victoria célèbrent bruyamment leur accord. Le pape proteste contre le projet de loi sur les associations. Janvier 1901, mort de la reine Victoria. A soixante ans Édouard III devient roi d’Angleterre. En France à l’assemblée discussion de la loi sur les associations. Les congrégations autorisées n’auront le droit d’ouvrir de nouvelles écoles que sur décret. Le milliard octroyé aux congrégations autorisées est ramené à quatre cent trente cinq millions. La loi de 1901, toujours en vigueur est très libérale, sauf en faveur des congrégations religieuses. Léon XIII proteste contre cette loi qui " En accordant à chacun le droit de vivre à sa guise, l’enlève à ceux dont la loi est de n’en violer aucune ". L’agitation religieuse va être suivie par une agitation anarchiste assez grave pour que le Tsar Nicolas II et l’impératrice de visite en France, évitent Paris. En Chine les coalisés obtiennent du gouvernement chinois, le paiement d’une indemnité de guerre de mille six cent quatre vingt dix millions de francs or, payable en trente neuf ans. Janvier 1902 décision du gouvernement sur l’obligation d’autorisation. Elle ne s’applique qu’aux ouvertes après le vote de la loi. Malgré les futures élections tout passe au second plan, sauf la lutte contre la religion, et les congrégations. A gauche, les socialistes ont gardé le même programme mais les radicaux ajoutent la séparation des églises et de l’état, réduction du service militaire à deux ans, l’impôt sur le revenu et ils se déclarent contre le libéralisme et le collectivisme ? Avril/mai 1902, les élections législatives élisent quatre vingt dix neuf républicains, cent vingt neuf radicaux, quatre vingt dix radicaux socialistes, quarante huit socialistes. Ils sont trop dira Waldeck Rousseau. Le 28 mai il donne sa démission il est fatigué et surtout il craint que son œuvre soit dilapidée. Émile Bourgeois est élu à la présidence contre Paul Deschanel. Émile comble anticlérical notoire est appelé par Émile Loubet pour former le gouvernement. Celui ci sera composé de Rouvier aux finances, André à la guerre, Pelletau à la mairie, Chaumié à l’instruction publique et Delcassé aux affaires étrangères. Des mesures contre le clergé sont annoncées, les préfets ont reçu l’ordre de n’accorder aucune aide aux congrégations, les écoles ouvertes depuis le 1er juillet 1901 sont fermées, les écoles ouvertes avant 1901 sans autorisation sont aussi fermées. Violentes manifestations dans l’ouest, des barricades se dressent, des officiers démissionnent, certains refusent d’obéir aux ordres. Début 1903 début de la discussion sur les congrégations, le projet est adopté. Les quinze mille neuf cents enseignants sont autorisés à terminer l’année scolaire. Prédicateurs et chartreux devront se disperser, chapelles et couvents seront fermés. Pendant ce temps la politique extérieure renaît avec la visite à Paris d’Édouard III, ce qui ne fait nullement plaisir à Guillaume II qui voit sa politique en Extrême-Orient, Orient, Afrique vouée à l’échec. Mai et juin, le petit père Combes poursuit sa haine anticléricale. En juillet le pape Léon XIII décède. Pie X le remplace. L’intransigeance de ce dernier face à celle de Combes va amener la rupture entre le Vatican et la France. Septembre la haine anticléricale s’accentue, on fait la chasse aux corbeaux… (sans doute un relent de la révolution et du génocide vendéen où l’on chassait tout ce qui n’avait pas l’éthique du moment). C’est protégé par un cordon de six mille hommes, et sous les huées des Bretons que Combes inaugure la statue de Renan. Dix mille écoles congréganistes seront fermées à la fin de l’année scolaire. Janvier 1904 rupture des relations avec Rome. Le pape refuse de nommer les évêques. Jaurès n’est pas réélu à la vice présidence, les socialistes reprochent au gouvernement de délaisser la classe ouvrière au profit de sa politique anti-cléricale. Le parti socialiste se scinde en parti socialiste français fidèle à Jaurès, et au parti de Jules Guesde ce dernier viendra renforcer l’opposition, la gauche se désintègre. Combes continue sa lutte contre le clergé. Il fait supprimer les crucifix des prétoires et interdit aux ecclésiastiques de se présenter à l’agrégation. Delcassé à sa victoire en obtenant une convention franco-anglaise c’est l’entente cordiale. Guillaume II et Bülow trouvent cela normal. Mais un grave incident va de déclarer entre Rome et la France. Émile Loubet ayant reçu Victor Emmanuel et la reine Hélène à Paris en 1903, se voit invité à son tour. Mais pie X fait savoir qu’il considère cette visite comme offensante pour le Saint Siège et pour lui. Ceci soulève une vive irritation au sein du gouvernement. Le voyage a lieu et c’est un succès. Ainsi nos rapports avec l’Italie sont intacts. L’ambassadeur de France au Vatican est rappelé. Les évêques de Laval et de Lyon sont mandés par le pape à Rome. Combes leur interdit de quitter la France. En juillet les relations diplomatiques sont rompues . Combes hésite à demander la séparation des églises et l’état, ceci coûterait très cher à l’état. Il faudrait construire des écoles et nommer plusieurs milliers d’instituteurs et institutrices. Puis c’est l’affaire des fiches qui se déclare en décembre 1904. Combes interpellé à la chambre sur cette affaire, répond que dans les régions hostiles au gouvernement, il est obligé de faire appel à des délégués qui sont chargés de fournir certains renseignements sur les fonctionnaires. Doumer et Millerand dénoncent cet espionnage. Janvier 1905 la chambre élit Doumer comme président Brisson est battu. Combes est finalement contraint de s’éclipser. Rouvier est chargé de former le gouvernement, Aristide Briand devient ministre de l’intérieur et des cultes. Février présentation du programme qui comporte réformes militaires, séparation des églises et de l’état et réforme fiscale. Guillaume II débarque à Tanger et déclare qu’il soutiendra l’indépendance du souverain du Maroc, il ajoute que l’Allemagne n’a jamais reconnu la convention franco-anglaise sur le Maroc. Le 24 avril le parti socialiste prend le nom de SFIO. L’Allemagne décide le sultan du Maroc à rejeter les propositions de la France, et réclame une conférence internationale sur le Maroc. L’Angleterre est prête à nous soutenir contre cette conférence, mais Delcassé sous la pression est obligé de démissionner. L’Allemagne a gagné, mais cette affaire de Tanger a réveillé l’opinion française. Janvier 1906 ouverture de la conférence sur le Maroc. Le17 janvier le mandat d’Émile Loubet prend fin. Armand Fallières est élu par 449 voix contre 371 à Paul Doumer


Dernière Modification   22/12/16

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