Le mandat du maréchal de Mac Mahon

 

Malgré les propos désobligeants de Gambetta et de Thiers, Mac Mahon finit par accepter de poser sa candidature. Le 24 mai Thiers donne sa démission et l’assemblée procède à l’élection du nouveau président : le maréchal de Mac Mahon. Celui ci charge le duc de Broglie de constituer un ministère avec le titre de vice président du conseil. Broglie prend le ministère des affaires étrangères, Beulé est nommé à l’intérieur, Magne est aux finances. Pour barrer la route aux radicaux, des mesures énergiques vont être prises : surveillance des journaux, épuration dans l’administration ? déjà ! ! !, rétablissement de la nomination des maires. Beaucoup de maires seront remplacés par d’autres, ils seront mal acceptés par les villages. En France on va organiser de grands pèlerinages à Chartres, à Lourdes, la  Salette, Paray le Monial. On a même vu les députés chanter et précéder les pèlerins un cierge à la main. Ces manifestations vont indigner la bourgeoisie et les intellectuels. Gambetta dira "  le cléricalisme, voilà l’ennemi ". Le duc de Broglie parlera de " regrettable ostentations ". Les monarchistes sentent qu’il est temps d’agir pour rétablir très vite la restauration. En août le comte de Paris rend visite au comte de Chambord. Dans les pèlerinages on prie pour le retour d’Henri V. En octobre a lieu le conseil de guerre pour le jugement du maréchal Bazaine accusé d’avoir livré Metz à l’ennemi. Les légitimistes continuent à croire à la restauration, tous les préparatifs sont prêts pour l’entrée triomphale d’Henri V dans Paris, lorsque le 30 octobre l’union publie une lettre du comte de Chambord : il maintient sa décision : le drapeau blanc sera le drapeau de la France. Novembre verra la naissance de la loi du septennat. La durée du mandat présidentiel sera de sept ans. En décembre Bazaine est condamné à mort avec dégradation. Il sera gracié par Mac Mahon et sa peine commuée en vingt ans d’emprisonnement. En mai 1874 de Broglie est désavoué par l’assemblée qui vote contre son projet de loi sur la création d’un grand conseil. Il décide de partir. Mac Mahon confie alors le ministère au général Cissey, Decazes prend les affaires étrangères. On parle de former une constitution, pour Gambetta la république est inévitable. Il ne pourra donc y avoir qu’une constitution républicaine. Elle verra le jour sept mois plus tard. Le 6 janvier 1875 l’assemblée se réunit pour étudier la mise en place de lois constitutionnelles. Janvier 1875 loi Wallon ( le président est élu à la majorité absolue des suffrages par le sénat et l’assemblée nationale). Il est nommé pour sept ans et est rééligible. L’amendement est accepté, la république est crée, et on dira "  c’est une assemblée monarchiste qui a été l’instrument de la création de la constitution républicaine " trois autres lois viendront compléter la loi Wallon. En mars 1875 le ministère Cissey est démissionnaire, Mac Mahon nomme Louis Buffet. En juillet vote d’une loi sur la liberté de l’enseignement supérieur et une souscription est lancée pour la création de l’institut catholique de Paris. Février et mars 1876 les élections donnent trois cent soixante élus républicains contre cent trente cinq monarchistes parmi les républicains beaucoup de jeunes qui feront de futurs présidents, Sadi Carnot, Casimir Périers, Félix Faure, Émile Loubet, Armand Fallières. Devant l’échec de la droite la bourse baisse et Buffet démissionne. Mac Mahon nomme Armand Dufaure. La chambre ainsi crée se trouve opposée à un président de droite et à un sénat conservateur. La rentrée parlementaire d’octobre verra la démission de Dufaure, écœuré de ne pouvoir concilier le sénat et l’assemblée. Mac Mahon choisit Jules Simon comme président du conseil. Ce dernier est un républicain modéré, conciliateur et adroit. Il prendra toujours le ton de circonstance selon qu’il sera face au sénat ou à l’assemblée. En sous-main il encourage les conservateurs, tout en donnant satisfaction aux hommes de gauche. Cette situation ne pourra durer très longtemps. En mai, circule une pétition de l’action catholique, qui proteste contre la loi anticléricale que vient de voter l’Italie. Elle demande au gouvernement de faire respecter l’indépendance du Saint siège. Jules Simon ne fait qu’interdire la pétition. Mais la déclaration de Gambetta à l’assemblée " qu’un catholique soit patriote c’est chose rare ". Mac Mahon se voit forcer de demander la démission de Jules Simon, il charge le duc de Broglie de former un nouveau ministère. Oscar Bardy de Fourtou est nommé à l’intérieur, c’est un partisan de la manière forte. Les républicains réagissent en faisant adopter une motion de censure refusant la confiance au nouveau ministère. Avec l’accord du sénat Mac Mahon dissout l’assemblée. Pendant ce temps Fourtou en profite, c’est l’hécatombe des fonctionnaires, la préfecture reçoit des ordres qui lui permettent de suspendre de ses fonctions tout individu suspect. On parle de rappeler Adolphe Thiers, mais le vieil homme meurt brusquement. Pour le remplacer les républicains choisissent Jules Grévy. Le 14 octobre les républicains obtiennent quatre millions deux cent mille voix contre trois millions six cent mille aux conservateurs. Broglie qui se sent peu à peu lâché par le président et le sénat, donne sa démission. Mac Mahon rappelle Dufaure, et il reconnaît devant l’assemblée que c’est la constitution de 1875 qui est la cause de tout ceci : irresponsabilité du président et trop d’autorité aux ministres et avoue, que son choix de dissolution a été abusif. A cette crise du 16 mai va succéder une république bourgeoise et modérée. De grands travaux publics seront entrepris, la dépense est évaluée à quatre milliards. La science progresse avec l’arrivée du téléphone. Le 1er  mai 1878 Mac Mahon inaugure l’exposition universelle. La France doit montrer au monde son redressement après la déroute. Janvier 1879 renouvellement par tiers du sénat. Les républicains obtiennent la majorité, ils vont opérer une vaste épuration dans l’administration et la magistrature. Ils demandent à Mac Mahon dont la patience est à bout, de destituer certains généraux. Il répond " Je m’en irai plutôt que d’y consentir…… ". Le 30 janvier 1879 il donne sa démission


Dernière Modification   22/12/16

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