Le mandat d'Alexandre Millerand

 

Le 23 septembre 1920 Alexandre Millerand est élu président de la république par 695 voix. Signature ce mois de l'armistice entre Russes et Polonais. Fin 1920, la facture à payer par l'Allemagne au titre des réparations s'élève à cent trente trois milliards de marks, en n'en offre que trente. L'Angleterre et la France occupent Düsseldorf (usines Krupp) et Duisburg. L'Allemagne cède, mais la crise économique va s'accentuer et l'Allemagne va entrer dans une situation critique. refus des États-Unis de ratifier le traité de Versailles. De plus celle ci signe en 1921 un traité séparé avec l'Allemagne. Vive déception en France. Le 11 novembre 1920, inhumation d'un soldat inconnu sous l'arc de triomphe. Fin novembre reprise des relations diplomatiques avec le Vatican. Décembre, à Tours, lors du congrès socialiste, ceux ci demandent leur adhésion à la troisième internationale. Léon Blum refuse. C'est la scission. L'humanité devient le journal du parti communiste, en face ils trouveront la SFIO (section française de la deuxième internationale ouvrière). Les socialistes dénoncent le péril communiste. janvier 1921, suite à la chute du franc le ministre Leygues est reversé. Millerand le remplace par Briand, celui ci forme un gouvernement de centre gauche. Paul Doumer aux finances, Louis Barthou à la guerre, Léon Berrard à l'instruction publique. Du côté de l'Allemagne, les troubles économiques deviennent graves. Décembre l'effondrement du mark inquiète l'Europe qui redoute une révolution communiste. Cette fin d'année 1921, pour la France tout va bien, l'industrie est plein essor, la production automobile atteint des chiffres inégalés. Découverte du vaccin contre la Tuberculose, Calmette et Guérin obtiennent le prix Nobel. Janvier 1922, l'Angleterre et la France, par ministres interposés tombent d'accord pour que l'Allemagne échelonne ses versements. Cette attitude déplait au président Millerand qui rappelle à Briand qu'il ne peut rien conclure sans l'assentiment du président et le vote de l'assemblée. La presse se déchaîne contre Briand en lui rappelant son attitude pacifiste lors de la guerre. Briand défend son projet à l'assemblée, mais le vote de confiance est trop faible il donne sa démission. Le 15 janvier 1922, Poincaré est chargé par Millerand de former le ministère. Il prendra les affaires étrangères, mettra Charles de Lasteyrie aux finances, Barthou à la justice, Chérron à l'agriculture, Sarraut aux colonies et Maginot à la guerre. Ce cabinet qui reflète bien la chambre "bleu horizon" tiendra jusqu'à la fin de son mandat. En mars le parlement vote une loi interdisant l'augmentation des loyers. Ceci aura pour conséquence une crise du logement ? En dépit des difficultés, Paris s'amuse. janvier 1923, les journaux titrent "la France va t-elle occuper la Ruhr. Le 10 janvier Poincaré annonce à l'Allemagne son intention d'occuper la Ruhr. Le lendemain c'est chose faite. En Allemagne la réaction ne se fait pas attendre, sabotages, attentats. Mai juin la chute du mark prend des allures vertigineuses, il faut 350000 marks pour acheter le journal ? En septembre, Millerand voudrait former avec l'Allemagne une alliance charbon-acier. Poincaré refuse catégoriquement. Décembre 1923 mort de Maurice Barrès. Janvier 1924, la crise financière s'aggrave et atteint la France l'Angleterre. Lors de la campagne électorale en vue des élections futures, radicaux et socialistes s'unissent pour former le cartel des gauches. Cette élection sénatoriale verra une nette avance de la gauche. Mars la livre côte 130 francs, Poincaré est forcé de prendre des mesures pour endiguer cette chute du franc. Augmentation des impôts, contrôle fiscaux plus sévères. Avril, le cartel réclame le retour à la laïcité, la rupture des relations avec le Vatican et introduction de la loi de séparation en Alsace-Lorraine et son application stricte en France. Mai la livre côte 65 francs le dollar 15,50. Triomphe du cartel des gauches aux législatives, ils obtiennent 266 sièges, les modérés 229, les communistes 26. La presse de gauche réclame le départ de Millerand. Juin Herriot pressenti par Millerand au poste de de président du conseil, refuse. Les députés de gauche de la nouvelle assemblée exigent le départ de Millerand. Le 10 juin le président fait lire à l'assemblée un discours dans lequel il dénonce l'atteinte portée aux institutions républicaines suite aux exigences de la nouvelle assemblée de gauche. Désavoué Millerand démissionne. Le 13 juin le cartel subit son premier revers. Painlevé son candidat est battu contre toute attente par Gaston Doumergue, qui est élu avec 516 voix.


Dernière Modification   22/12/16

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