Reines de la dynastie des Bourbons

Marguerite de France ou de Valois (Saint-Germain-en-Laye 1553 - Paris 1615) Reine de France (1589 - 1599). Première femme de Henri IV. Inhumée à l'abbaye de Saint-Denis. Fille de Henri II et de Catherine de Médicis, sœur des derniers rois Valois, la reine "Margot" laisse une réputation à la fois fascinante et déplorable. C'est à la fois "la Perle des Valois", la plus séduisante des princesses dont on ne se lasse pas de louer la beauté, la culture, l'élégance et une "Margot" dont l'ambition brouillonne et la promiscuité à tous vents choquent même à cette époque débridée. Pire, elles lui coûtent le trône de France. Car si elle est bien officiellement reine de France pendant dix ans, de l'avènement d'Henri IV à son divorce en 1599, elle ne règne jamais en fait, puisque les époux sont séparés et que Marguerite passe tout ce temps enfermée au château d'Usson. Tout son mariage lui est d'ailleurs venu de ce mariage avec Henri de Navarre, "noces de sang" conclues en 1572 sous les plus mauvais auspices, quelques jours à peine avant la Saint-Barthélemy. Il a fallu toutes les pressions de Charles IX et de Catherine de Médicis pour que Marguerite accepte de s'unir à ce cousin huguenot dont le raffinement laisse à désirer et qui ne s'intéresse pas particulièrement à elle. Ils ne seront jamais vraiment amis et alliés. Et à peine mariée, la voilà femme d'un prince prisonnier du Louvre et privé pendant plusieurs années de tout pouvoir. Son ambition et sa sensualité la poussent alors à des erreurs qui la discréditent (liaison avec La Mole, idéalisée par Dumas). Elle a le tort surtout de prendre le parti du dernier de ses frères (le duc d'Alençon puis d'Anjou) et de se brouiller ainsi à la mort avec Henri III. Elle se retrouve sans aucun soutien, dans une époque de troubles et de violences inouïes : ses passions trop fortes vont l'empêcher de s'y conduire avec la sagesse qui lui aurait fait éviter le naufrage. Elle put croire cependant un moment avoir trouvé un havre de paix et un certain équilibre, lorsqu'elle le rejoint en 1578 son mari, qui avait réussi à regagner ses États. En 1579, installée à Nérac, elle donne à la cour du roi de Navarre un éclat dont on se souvient encore. Les meilleurs esprits s'y retrouvent, ainsi le poète Du Bartas et surtout Montaigne, homme de confiance d'Henri, qui fréquente la cour en 1579 - 1580 et dont on a même pensé que "l'Apologie de Raymond Sebon", un des plus importants chapitres des "Essais", doit quelque chose à ses discussions avec la reine. Le charme de cette cour rayonne au loin, puisque Shakespeare y situe la scène de ses "Peines d'amour perdues". Ce ne sont que fêtes, concerts, poèmes, débats platoniciens sur "l'honnête amour", qui n'empêchent pas les galanteries plus terrestres, les deux époux fermant les yeux sur leurs infidélités réciproques. Malheureusement pour Marguerite, ce seul épisode de sa vie ne dure pas car les troubles reprennent entre Henri de Navarre et Henri III. Revenue à la cour de France en 1582, Marguerite qui, soutient toujours le duc d'Anjou contre le roi de France, se brouille à nouveau avec Henri III qui l'oblige à quitter Paris en 1583. Le retour à Nérac où elle n'est guère la bienvenue (Henri est tout occupé par sa passion pour "Corisande"), désespérée de la mort du frère sur lequel elle avait tout misé (le duc d'Anjou meurt en juin 1584).. Elle commet la faute capitale de sa carrière en s'alliant à la Ligue alors en rébellion ouverte contre Henri III. Elle obtient des subsides de Philippe II grâce à Henri de Guise, fortifie Agen et fait la guerre à son mari, au milieu d'amours tumultueuses. Agen la chasse, elle se réfugie à Sarlat dont elle est à nouveau chassée. Finalement après des aventures qui paraîtraient peu vraisemblables dans les romans, on la fait prisonnière, à la grande joie de sa mère et de son frère, Henri III fait prendre son amant du jour par les pieds et la fait enfermer au château d'Usson, en Auvergne, en novembre 1586. Elle y passera presque vingt ans, non sans duper son geôlier et usurper la châtellenie, mêlant piété et galanterie selon un style qui sera le sien jusqu'à la fin de sa vie. C'en est fini de son rôle politique. Il lui restait à négocier son divorce ou comme on disait son "démariage". Henri IV ne peut rester en effet dans cette position fausse d'être et de n'être pas marié. Il entreprend des négociations avec Marguerite dès 1592 ; celle-ci comprend bien qu'il n'est pas question de reprendre une vie commune avec celui qui est maintenant le roi de France et qui, a envie de sortir d'Usson, manifeste sa bonne volonté. Il y a assez d'ailleurs de motifs d'annulation, consanguinité, contrainte, différence de religion, sans compter l'absence d'enfants qui n'a pas, elle, valeur juridique. Mais l'affaire se complique du fait que le roi semble vouloir divorcer non pour épouser une princesse et son rang mais pour régulariser sa liaison avec Gabrielle d'Estrées et légitimer ses bâtards : Marguerite refuse d'être remplacée par cette "décriée bagasse" et fait traîner les choses en longueur. Dès la mort inopinée de Gabrielle, à Pâques 1599, elle fait hâter la procédure et le "démariage" se fait, (La sentence d'annulation est prononcée par le pape en décembre 1599), à ses conditions : son titre de reine est confirmé, elle est faite duchesse de Valois et reçoit des compensations financières. Marguerite peut alors quitter Usson et se rapprocher de Paris où elle finit par rentrer en 1605, bien guérie des complots et fidèle "sœur" de son ex-époux. Elle va y vivre dix ans encore, coquette et obèse, risée des Parisiens, amie de Marie de Médicis, dans un inimitable mélange de faste, de débauche et de piété.

Marie de Médicis (Florence 1573 - Cologne 1642) Reine de France (1600 - 1610). Deuxième femme de Henri IV. Inhumée à l'abbaye de Saint-Denis. Marie de Médicis, fille du grand duc de Toscane François de Médicis et de l'archiduchesse Jeanne d'Autriche, a 27 ans quand elle arrive en France pour épouser le roi Henri IV, dans un cortège luxueux immortalisé par Rubens. Très tôt orpheline de mère, son père qui ne pense guère qu'à Bianca Capello, la fait élever avec sa sœur au palais Pitti où elle se lie étroitement avec une de ses femmes qui prendra le nom de Léonora Galigaï. Physiquement, elle est un peu épaisse ("une grosse banquière", dit d'elle aimablement une des maîtresses du roi). Intellectuellement, elle n'a pas beaucoup de jugement ni de largeur d'esprit, elle dépend terriblement de son entourage. Indolente et nonchalante, elle aime les arts et les pierreries. Elle donne très vite à Henri IV le dauphin souhaité (le futur Louis XIII naît à Fontainebleau le 27 septembre 1601) et de nombreux enfants presque tous en bonne santé. Elle s'entend bien avec le roi malgré les frasques de celui-ci, sauf en ce qui concerne la maîtresse en titre, Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil, demi-sœur d'un bâtard de Charles IX. Elle fait à son sujet des scènes que Sully lui-même, dont c'est une de ses fonctions, a de la peine à la calmer. Il est vrai qu'elle avait tout lieu de se méfier d'une marquise qui avait habilement amené avec l'appui de sa famille, Henri IV à lui promettre le mariage, au moment même des négociations en vue du mariage florentin. Henriette d'Entragues se sent quasiment la reine légitime et sa frustration la rend dangereuse. Elle en vient à comploter contre le roi (trois grands complots ébranlent l'État en 1602, 1604 et 1606 ; la famille d'Entragues y étant toujours présente sur fond de complicité avec l'Espagne). Henri IV réprime ses complots mais se montre toujours clément envers les Entragues. Le roi devant prendre la tête des armées pour son aventure de Clèves, il confie la régence à sa femme qui est d'autre part, solennellement couronnée à Saint-Denis le 13 mai 1610. Le lendemain, Henri IV est assassiné et Marie se retrouve régente "avec toute-puissante autorité", puisque le roi n'a que 9 ans. Elle doit le rester jusqu'à la majorité de Louis XIII (le 2 octobre 1614).. Elle gouverne en fait jusqu'en 1617 comme chef du Conseil c'est-à-dire qu'elle laisse gouverner Concini, le mari de sa favorite Léonora. Outre leur avidité personnelle, qui les fait piller l'État, les Concini défont ou laissent défaire la politique d'Henri IV : ils écartent Sully et les autres ministres, lorsque les grands, qui trouvent l'occasion bonne, se soulèvent, ils n'ont pas d'autre idée pour les pacifier que de leur donner argent et gouvernement. Ils doivent accepter la convention des États généraux (octobre 1614 - février 1615). La dernière avant 1789 - mais la rivalité des ordres - ôte à l'assemblée toute efficacité. Un homme se révèle alors, un des députés du clergé, Richelieu, évêque de Luçon dont on remarque les qualités d'orateur (il sera fait secrétaire d'État en novembre 1616, ce qui sera le début de sa carrière). Mais surtout les Concini sont comme Marie elle-même, "du parti dévot" et se rapprochent de l'Espagne dont Henri IV souhaitait avant tout être indépendant. D'où la politique des "mariages espagnols" conclus en 1612 : Louis XIII devant épouser l'infante Anne et sa sœur Élisabeth le futur Philippe IV, mariages célébrés en 1615. Ce qui inquiète les protestants. Certains d'entre eux se joignent alors à une certaine rébellion des grands, calmée par les moyens habituels en mai 1616. L'arrestation de Condé qui continue à intriguer, parait laisser les mains tout à fait libres à Concini. Mais on sait que Louis XIII, aidé de Luynes, s'en débarrasse le 24 août 1617. Marie est alors écartée des affaires et exilée à Blois où Richelieu la suit d'abord, avant d'être lui-même écarté par Luynes. La carrière de la reine mère après 1617 n'est qu'une suite confuse de tentatives pour continuer à jouer un rôle politique contre le gré de son fils et contre le gré de Richelieu, qui lui doit pourtant son élévation jusqu'au point où elle perd tout et doit quitter la France définitivement. En un premier temps, elle s'évade de Blois, d'une manière à la fois romanesque et ridicule : c'est une grosse femme, peu agile qu'on descend péniblement par une échelle de corde, en pleine nuit, en février 1619 et qui rejoint Épernon à Angoulême. Ce dernier prépare une nouvelle révolte des grands, qui éclate en juin 1620, mettant fin à cette "guerre de la mère et du fils" . Marie rentre alors à Paris. Elle s'occupe de faire construire son palais du Luxembourg, pendant que Louis XIII est occuper à mater une nouvelle rébellion protestante (1620 - 1622). Luynes meurt pendant cette campagne, en 1621. La reine mère reprend alors une certaine influence sur son fils : elle siège à nouveau au Conseil et réussit à y faire nommer Richelieu, cardinal depuis 1622 mais sans entrée au Conseil. Trois mois après, il en sera le chef. Après cela, il s'agit de savoir qui, de Marie ou du cardinal, va l'emporter dans l'esprit de Louis XIII. L'enjeu politique est capital puisqu'il s'agit en fin de compte de choisir un État fort qui 's'opposerait aux protestants et aux grands de l'intérieur et qui mènerait une politique nationale à l'extérieur et un royaume qui ne serait jamais plus le jouet des princes, à la remorque des puissances catholiques. Le conflit culmine dans la fameuse "Journée des Dupes", le 10 novembre 1630 où la reine mère essaie d'obliger Louis XIII à renvoyer Richelieu. La scène est si violente que le roi s'enfuit sans rien décider ; tout le monde y compris Richelieu croit que Marie a gagné. Mais non, le soir même, Louis XIII fait appeler Richelieu. Tous les partisans de Marie sont alors emprisonnés ou bannis et la reine elle-même, qu'on ne peut exiler brutalement est d'abord enfermée à Compiègne dont elle s'évade en juillet 1631. Elle ne reverra jamais son fils. Elle tente sans succès, de s'installer dans une forteresse à la frontière de la Picardie et est obligée de demander à Bruxelles l'hospitalité de l'infante Isabelle (l'ancienne prétendante au trône de France, sous la Ligue). Elle intrigue alors de tous côtés sans jamais arriver à rien, s'entoure de serviteurs de plus en plus médiocres, manque d'argent et erre d'un pays à l'autre de la Flandre qu'elle quitte en 1637 à la Hollande où elle se brouille avec tout le monde, à l'Angleterre où elle lasse jusqu'à sa propre fille. Rubens lui offre une petite maison à Cologne. Elle s'installe dans cette ville où elle meurt le 3 juillet 1642. Son corps est ramené à Saint-Denis, sans grande cérémonie. Sur le plan des arts, Marie de Médicis est plutôt une dilettante, amie de son confort et de son prestige, qu'une véritable inspiratrice. Elle n'est pour rien dans le fait que c'est pour son mariage que Péri compose à Florence le premier dramma per musica (une Eurydice à fin heureuse !) c'est-à-dire le premier opéra, auquel assiste d'ailleurs Monteverdi. On lui doit, à Paris, le palais du Luxembourg qu'elle fit construire après la mort du roi, en s'inspirant du palais Pitti de son enfance. Elle entreprit de le faire décorer splendidement et s'entoura pour cela des meilleurs peintres, comme Philippe de Champaigne. C'est à Rubens qu'elle commanda, en 1622, deux séries de douze tableaux de grande dimension, destinés à la glorifier avec son époux. Seule la première toile, qui lui était consacrée, fut achevée, non sans peine par Rubens qui, ne voulait pas peindre de tableaux qui "touchent à la raison d'État" et qui n'y arrivait pas toujours. Elle fut admirée lors de l'inauguration du palais, en l'honneur du mariage d'Henriette de France avec le roi d'Angleterre, en mai 1625. Marie ne put en profiter longtemps. Ses six enfants furent Louis XIII ; Élisabeth qui épousa le roi Philippe II d'Espagne ; Chrétienne, femme du duc de Savoie, Victor-Amédée Ier ; Nicolas, duc d'Orléans ; Gaston, duc d'Orléans et Henriette Marie, épouse de Charles Ier , roi d'Angleterre.

Anne, archiduchesse d'Autriche, Infante d'Espagne (Valadolid 1601 - Paris 1666). Reine de France (1615 - 1666). Femme de Louis XIII. Inhumée en l'église du Val-de-Grâce à Paris. Anne d'Autriche était la fille de Philippe III d'Espagne et de Marguerite d'Autriche. Après la mort de Henri IV, la reine mère Marie de Médicis décida de se rapprocher de l'Espagne en mariant Louis XIII avec l'infante. Le traité de Fontainebleau le 30 avril 1612 organisa cette union qui fut célébrée à Bordeaux le 28 novembre 1615. La reine était pieuse, belle et orgueilleuse. Elle ne put jamais s'entendre avec le roi. Celui-ci d'une nature froide, timide et cérémonieuse, fit peu pour lui plaire, d'autant plus qu'il tenait de son père la haine de l'Espagne et qu'il réprouvait la diplomatie de sa mère. Pour sa part, Anne d'Autriche multiplia les imprudences en voulant se mêler de politique. Sa longue stérilité fut une cause supplémentaire de sa mésentente avec Louis XIII puisque ses deux fils (futur Louis XIV) et Philippe (futur duc d'Orléans) ne naquirent respectivement qu'en 1638 et en 1640 Elle détesta très vite Richelieu et participa au complot de Chalais qui cherchait à assassiner le cardinal. Lors de la "Journée des Dupes" du 10 novembre 1630, elle se rangea aux côtés de Marie de Médicis qui fut alors définitivement écartée du pouvoir. Elle fut ensuite compromise dans l'affaire du Val-de-Grâce en 1637 qui fit scandale à la Cour : Richelieu put établir qu'elle entretenait une correspondance secrète avec son frère Philippe IV d'Espagne, alors en guerre contre la France. Pour toutes ces raisons, le roi, qui se méfiait d'elle, organisa avant de mourir un conseil de régence présidé par la reine, de façon à ce qu'elle ne puisse pas prendre de décisions sans l'accord des autres membres de cette assemblée où siégeait notamment Mazarin., le successeur de Richelieu. Le 18 mai 1643, soit quatre jours après la mort de Louis XIII, Anne d'Autriche, fit casser le testament royal par le Parlement et se fit octroyer les pleins pouvoirs. Dès lors, elle gouverna sous l'influence de Mazarin, son Premier Ministre et son amant, que peut-être elle épousa secrètement par la suite. Elle lui apporte son soutien indéfectible pendant la Fronde, période au cours de laquelle elle montra une certaine habileté politique. Contrainte de se réfugier à Saint-Germain-en-Laye (5 janvier 1649), elle fit assiéger Paris aux mains des Frondeurs et leur imposa la paix de Rueil le 1er avril. Lorsque la révolte des princes qui exigeaient le renvoi de Mazarin prit une ampleur trop importante, la reine mère fit semblant d'abandonner son ministre. Le cardinal s'exila en Rhénanie (février 1651) tout en continuant à conseiller très activement la régente. Celle-ci le rappela après avoir divisé ses ennemis, le renvoya ensuite pour se rapprocher de Retz et le circonvenir en lui faisant miroiter le chapeau de cardinal. Le prince de Condé, chef des frondeurs, ayant multiplié les erreurs politiques jusqu'à la trahison avec l'Espagne, Anne d'Autriche fut assez forte pour rentrer dans Paris le 21 octobre 1652 et faire arrêter Retz, prélude au retour de Mazarin en février de l'année suivante. Anne d'Autriche n'a guère suscité la sympathie de ses contemporains ni celle des historiens (le portrait qu'en a tracé le cardinal de Retz dans ses "Mémoires" est d'une rare méchanceté). Il est vrai qu'elle était dure, sèche, autoritaire et trop intrigante. Cependant, la résistance acharnée qu'elle opposa aux frondeurs pendant six ans a continué à sauver le pouvoir royal menacé. Elle ne joua plus aucun rôle à partir du gouvernement personnel de Louis XIV (1661) et entra dans la retraite de Val-de-Grâce dont elle avait fait construire l'église sur les plans de Mansart. Elle y mourut le 20 janvier 1666.

Marie Thérèse archiduchesse d'Autriche, Infante d'Espagne (Madrid,1638-Versailles,1683) Reine de France (1660-1683). Inhumée à l'abbaye de Saint-Denis. Marie-Thérèse d'Autriche était la fille de Philippe IV,  roi d'Espagne, et d'Élisabeth de France, fille de Henri IV. Son mariage avec son cousin Louis XIV fut l'objet du traité des Pyrénées, conclu le 7 Novembre 1659. La diplomatie française parvint à lier la renonciation de la reine à son héritage au paiement par l'Espagne d'une dot exorbitante( le fameux moyennant) Celle-ci n'ayant pas été versée, Louis XIV utilisa cet artifice pour déclencher la guerre de dévolution ( 1667-1668 ). Le mariage fut célébré le 9 juin 1660 à Saint Jean de Luz. Supplantée par les nombreuses maîtresses du roi, Marie-Thérèse mena une vie triste et effacée. Elle donna 6 enfants au roi, dont un seul survécut, le Grand Dauphin ( 1661-1711 ). Elle n'eut aucune influence politique et mourut le 3 juillet 1683.

Mme de Maintenon(Françoise d'Aubigné, marquise de) (Niort 1635- Saint-Cyr 1719). Deuxième femme de Louis XIV inhumée à Saint-Cyr. Son père était le fils d'Agrippa d'Aubigné. Il fut incarcéré avec sa femme pour intelligence avec l'ennemi, et c'est en prison, à Niort, que Madame de Maintenon naquit. La famille s'installa ensuite en Martinique. Après le décès de Monsieur d'Aubigné sa femme et sa fille revinrent en France ( 1647 ). En 1649 la jeune Françoise abjura le protestantisme et, trois ans plus tard sans ressources elle dût épouser le poète Scarron, beaucoup plus âgé qu'elle, il mourut en 1660. En 1669 elle fut présentée à Madame de Montespan par le maréchal d'Albret et fut secrètement chargé de l'éducation des bâtards du roi et de la marquise. La manière dont elle s'acquitta de cette tache lui permit d'être officiellement présentée à la cour et de recevoir le titre de marquise de Maintenon ( 1673 ). Elle s'imposa peu à peu à l'esprit du roi par sa modestie, sa dignité, sa tenue irréprochable et devint dame d'atours de la dauphine ( 1680 ). Très pieuse, l'ambition de Madame de Maintenon était de convertir le roi. La disgrâce de Madame de Montespan et la mort de la reine Marie-Thérèse d'Espagne ( 1683 ) lui permirent d'arriver à ses fins.   Son mariage secret avec Louis XIV fut célébré en 1683. On a beaucoup exagéré son rôle politique auprès du roi, domaine qui l'intéressait assez peu. Il n'en demeure pas moins que qui voulait au roi ne pouvait lui déplaire. En revanche son influence morale et religieuse fut réelle. Très attachée à la conversion des protestants, elle applaudit à la révocation de l'édit de Nantes et le rôle qu'elle a pu jouer dans cette affaire reste controversé. Austère et dévote, elle entreprit de manière subtile et insidieuse de réformer la vie de la cour et n'eut pas de difficultés à convaincre le roi de l'imiter, de sorte que la vie à Versailles perdit de son brillant. Le nom de Madame de Maintenon reste attaché à la maison de Saint-Cyr, établissement destiné aux jeunes filles pauvres de la noblesse, qu'elle fonda en 1686 et dirigea toute sa vie avec passion. Elle s'y retira après la mort du roi

Marie Leszczynska (Breslau 1703 - Versailles 1768). Reine de France (1725 - 1768). Femme de Louis XV. Inhumée à l’abbaye de Saint-Denis. Marie Leszczynska était la fille de Stanislas Leszczynski et de Catherine Opalinska. Sa jeunesse fut troublée par des vicissitudes politiques. Le 12 juillet 1704, son père fut élu roi de Pologne et très vite détrôné. La famille royale s’établit dans le duché des Deux-ponts où la jeune fille reçut une excellente éducation. A la mort de Charles XII de Suède, en 1718, les Leszczynski se réfugient en France, à Wissembourg et vécurent d’une pension que le Régent lui alloua. Le duc de Bourbon, Premier Ministre de Louis XV, joua un rôle déterminant dans le mariage du roi avec la princesse. Craignant que le Louis XV ne demeure sans descendance compte tenu de sa mauvaise santé et que le fils du Régent lui succède, il rompit les fiançailles du souverain avec l’infante d’Espagne, trop jeune (elles avaient été célébrées en 1721) et hâta l’union avec Marie Leszczynska. Elle eut lieu à Fontainebleau le 5 septembre 1725. Le mariage fut critiqué comme étant sans grandeur et pour le peu d’avantages politiques qu’il comportait. La reine eut une influence limitée sur son mari qui ne tarda pas à se détourner d’elle au profit de nombreuses maîtresses. Elle tenta sans succès d’empêcher la disgrâce du duc de Bourbon auquel elle était très attachée. Elle fut la mère de deux garçons : le Grand Dauphin (1729 - 1765) , le duc d’Anjou, mort à trois ans en 1733 et huit filles. Quoique Louis XV l’aimât peu, il intervint par égard pour elle en faveur de son père élu une seconde fois roi de Pologne. Stanislas n’ayant pu se maintenir sur le trône, reçut la Lorraine en compensation, (celle-ci revint à la France, à sa mort), à la vive satisfaction de sa fille. Marie Leszczynska était douce, aimable et charitable, ce qui lui valut une grande popularité. Elle sut conserver sa dignité à la Cour où régnaient les maîtresses " déclarées " du roi, en particulier de Madame de Pompadour. Sa vie fut assombrie par l’infidélité de son mari et par la morts de plusieurs de ses enfants : Madame Troisième et le duc d’Anjou en 1733 ; Madame Sixième en 1744 ; Madame Henriette en 1752 ; la duchesse de Parme en 1759 ; le Grand-dauphin en 1765. Deux ans plus tard, le décès de la Dauphine qu’elle aimait beaucoup, la désespéra et elle-même mourut le 24 juin 1768. Ses autres enfants : Adélaïde († en 1800) ; Victoire († en 1799) ; Sophie († en 1782) et Louise († en 1787)

Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche (Vienne, 1755 - Paris, 1793). Reine de France (1774 - 1791) puis reine des Français (1791 - 1792). Femme de Louis XVI. Inhumée à l’abbaye de Saint-Denis. Marie-Antoinette était la fille de l’empereur François Ier et de Marie-Thérèse d’Autriche. Son mariage avec le dauphin Louis, célébré à Versailles le 16 mai 1770, sanctionnait le rapprochement spectaculaire de la France et de l’Autriche opéré par le traité de Versailles du 1er mai 1756. Marie-Antoinette avait 15 ans au moment de son mariage et 19 ans le jour de son avènement. Elle était jolie, exubérante, peu instruite, rétive à l’étiquette, ignorante des subtilités de la Cour. Ceci explique que l’entourage royal n’ait eu aucun mal à lui forger la pire réputation. Les deux frères du roi, le comte d’Artois et le comte de Provence, multiplièrent les calomnies contre elle, tandis que son mari s’avéra incapable de la comprendre, de la soutenir et pendant longtemps de l’aimer. La jeune reine en conçut une vive amertume et se retira au Hameau de Trianon où, entourée par une cour de parvenus plus ou moins intéressés (la princesse de Polignac, les Polignac), elle eut un train de vie extravagant qui la rendit rapidement impopulaire (on l’appelle Madame Déficit). Elle acheva de se déconsidérer en soutenant systématiquement, en vain d’ailleurs, l’Autriche contre la Prusse, alors que l’alliance avec la première, naguère souhaitée par Louis XV, n’avait jamais été bien acceptée. Enfin, elle fut éclaboussée par le scandale du collier de la reine, affaire montée de toutes pièces contre elle. Marie-Antoinette montra son vrai caractère, fait de fermeté, de dignité et de courage, dès le début de la Révolution. Elle fut l’âme de la Résistance royale et insuffla continuellement à Louis XVI l’énergie qui lui faisait défaut. Plus intelligente que son mari, elle comprit assez vite que le salut ne pouvait venir que d’une intervention étrangère. Elle le détermina à négocier avec l’Autriche, puis à quitter la France. Après l’équipée de Varennes (20 - 21 juin 1791), elle poussa Louis XVI à comploter avec La Fayette et Dumouriez, partant de principe que la guerre sauverait la monarchie. La fin de la vie de la reine fut un calvaire dans lequel elle montra une très grande dignité. Le 13 août 1792, la famille royale fut enfermée au Temple, et le roi guillotiné le 21 janvier 1793. Celle que l’on n’appelle plus que " l’Autrichienne " devint alors le bouc émissaire de toutes les rancœurs, le symbole d’un monde honni et l’objet d’une détestation générale. On lui reprocha plus sa façon de vivre que sa trahison au profit de l’Autriche, au demeurant assez imprécise. Le 1er août 1793, on sépara la reine de son fils pour l’enfermer à la Conciergerie. Son procès devant le tribunal révolutionnaire commença le 12 octobre. On fit témoigner Louis XVII en lui soufflant d’avouer d’imaginaires relations incestueuses entre lui et sa mère. Accusée d’avoir organisée un complot contre la France, la reine fut guillotinée le 16 octobre 1793. L’héroïsme de Marie-Antoinette au moment des épreuves, son procès et son exécution la sauvèrent de la réputation exécrable qu’elle s’était faite. Ses seuls torts furent d’avoir été dépensière dans une période de difficultés financières et de ne pas avoir tenté de détourner la haine d’une grande partie de la cour lui voua dès son mariage. Elle fut la mère de quatre enfants: Sophie (1775 - 1786) ; Marie-Thérèse née en 1778, future duchesse d’Angoulême ; le premier dauphin (1781 - 1789) ; le deuxième dauphin (Louis XVII)

Marie-Josèphine de Savoie, princesse de Sardaigne (Turin 1753 - Hartwell 1810) Femme du Comte de Provence, futur Louis XVIII. Inhumée à la cathédrale de Cagliari en Sardaigne. Fille de Victor-Amédée III, roi de Sardaigne et d’une infante d’Espagne, Marie-Josèphine de Savoie épousa en 1771, le comte de Provence (le futur Louis XVIII), qui prit le titre de MONSIEUR, lors de l’avènement de son frère Louis XVI. Ils ne devaient pas avoir d’enfants. Madame n’est pas jolie : on la décrit noiraude, avec le nez trop long et la lèvre supérieure duvetée. Mme du Deffand lui décerne même le prix de la laideur. Elle a des goûts très simples, elle aime faire la cuisine et jouer à la fermière. Elle tient une petite place dans la vie de son époux et on la voit d’ailleurs peu à Versailles. La seule chose qui compte dans la vie casanière et retirée de cette princesse que la nature n’a pas comblée, c’est son amitié passionnée et intime, qui ne se démentira jamais, pour sa lectrice Mme de Gourbillon. Elle émigre en sa compagnie en 1791 et ne supporte pas d’être séparée d’elle. C’est l’occasion de plusieurs conflits avec son mari, qui ne supporte pas le caractère et l’influence de la " maîtresse " de sa femme. Lors de son séjour à Mitau, en Courlande, celui qui a pris le titre de roi de France (à partir de la date présumée de la mort du dauphin en 1795) demande à la " reine " de venir le rejoindre, mais seule. Celle-ci n’en fait rien et amène avec elle Mme de Gourbillon. Louis XVIII ne l’accepte pas et fait conduire cette dernière dans un couvent de Vilna. Marie Joséphine provoque une scène violente devant le portail du château, en gesticulant, en se lamentant d’être séparée de celle qui fait le bonheur de sa vie. Le " roi " tint cependant bon et les choses s’apaisèrent pour un temps. Lors du séjour du couple en Angleterre, lors des dernières années de l’empire, Marie-Joséphine vit à Hartwell, près de Londres, Marguerite de Gourbillon à Londres même, mais Louis XVIII toujours opposé à cette amitié exclusive, ne veut pas recevoir cette dernière à Hartwell, malgré les supplications de sa femme. Marie Joséphine, usée, malade, ayant de moins en moins la force et le goût de tenir son rang, dépérit ; elle ne semble vivre que pour communiquer avec sa chère Marguerite, comme en témoigne une correspondance plaintive et brûlante. Mr de Gourbillon semble bien pourtant avoir exploité la situation autant qu’il le pouvait, arrachant à la princesse tout son argent, et tous les bijoux qui avaient pu être sauvés. En novembre 1810, la " reine " qui ne régna jamais réellement, s’alite définitivement et meurt le 13. Elle était la sœur de Marie-Thérèse de Savoie, épouse du futur Charles X.

Marie-Thérèse de Savoie, princesse de Sardaigne (Turin 1756 - Graz 1805). Femme du Comte d’Artois, futur Charles X. Inhumée à l’église Sainte-Catherine, à Graz. Marie-Thérèse de Savoie était la fille de Victor-Amédée III, roi de Sardaigne et la soeur de Marie-Joséphine, qui avait épousé le comte de Provence, futur Louis XVIII. Elle fut mariée au comte d’Artois en 1773 et lui donna deux fils, le duc d’Angoulême, né en 1775, qui devait être le dernier dauphin de France et le duc de Berry, né en 1778, qui devait être assassiné en 1820. Mais si l’on connaît bien la vie de ses fils et naturellement de son époux, puisqu’il devait devenir le roi Charles X, on ne sait pas grand-chose d’elle, disparue bien avant que son mari n’accède au trône. Elle était de petite taille, bien faite, et à défaut d’autres qualités, était pleine de douceur et d’ingénuité. Elle fut très dépaysée à Versailles où elle se trouva brusquement transplantée par son mariage. L’attitude de son mari ne l’aida guère à surmonter sa timidité et sa gêne : il ne l’appréciait pas et ne s’occupait guère d’elle. Tout le monde d’ailleurs la trouvait insignifiante et elle manquait certes des qualités qui permettaient de s’imposer à la Cour de France dans les derniers moments de l’Ancien Régime, esprit de répartie, aisance, grâce. Elle fut donc vite délaissée et son destin fut lamentable. La Révolution venue, elle quitta la France pour retourner dans sa famille à Turin où elle végéta, toujours délaissée. Son mari, oublieux, indifférent, n’était occupé que par sa maîtresse, Madame de Polastron, dont la mort devait d’ailleurs faire de ce sceptique un dévot. Marie-Thérèse vécut ses dernières années en Autriche sur un pied dort modeste, et sa mort, survenue en 1805, passa inaperçue tout comme sa vie.

Marie-Amélie de Bourbon princesse des Deux-Siciles Caserte 1782 - Château de Claremont 1866. Reine des Français (1830 - 1848). Inhumée à la chapelle de Saint-Louis, à Dreux. Fille de Ferdinand IV, roi des Deux-Siciles et de l’archiduchesse Marie-caroline d’Autriche, une des filles de l’impératrice Marie-Thérèse, elle épouse en 1809 le futur Louis-Philippe. Elle en a huit enfants dont cinq fils : le duc d’Orléans, le duc de Nemours; le prince de Joinville, le duc d’Aumale, le duc de Montpensier et trois filles dont l’aînée devient la première reine des Belges, la deuxième duchesse de Wurtemberg et la dernière, princesse de Saxe-Cobourg-Gotha. Elle mène la vie simple et digne qui est l’idéal de la bourgeoisie de son temps. Grave, froide, réservée, selon les propres termes du duc d’Aumale, tant qu’elle parle français, elle manifeste une certaine vivacité extraordinaire quand elle se met à parler napolitain. Timorée dans les petites choses, on a des témoignages sur sa constance et son courage devant les difficultés et les dangers. Elle s’exila avec le roi en 1848. Elle a laissé un "Journal" partiellement publié.


Dernière Modification   24/12/16

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